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L’aciérie Algoma Steel, basée dans le Nord de l’Ontario, fournira l’acier qui sera utilisé dans la prochaine flotte de brise-glaces polyvalents de la Garde côtière canadienne. L’entente évaluée à environ 182 millions de dollars constitue la plus importante commande d’acier polaire jamais enregistrée à l’usine.
L’entreprise Seaspan Shipyards, qui s’occupera de la construction des navires MPI de la Garde côtière canadienne, en a fait l’annonce mardi dans un communiqué de presse.
Dans le cadre de cette entente, jusqu’à 24 000 tonnes métriques d’acier de construction canadien — environ 4 000 tonnes par navire — seront produites pour bâtir un maximum de six brise-glaces polyvalents pour la Garde côtière canadienne.
Algoma Steel produira l’acier, qui sera ensuite transformé et distribué par Stigterstaal, avant d’être assemblé par Seaspan en Colombie-Britannique.
En collaborant avec Algoma Steel et Stigterstaal Canada, nous consolidons la souveraineté du Canada en matière de construction navale et bâtissons une base industrielle de défense canadienne plus solide pour les décennies à venir , souligne Kate Morton, vice-présidente de la gestion de la chaîne d’approvisionnement chez Seaspan Shipyards.

L’annonce du nouveau contrat a été faite mardi à Vancouver.
Photo : Seaspan Shipyards
Ces navires de classe polaire 4 (PC4) sont destinés à patrouiller dans le Bas-Arctique canadien. Dotés d’une propulsion diesel-électrique de pointe, ils permettront de renforcer les capacités d’intervention environnementale, de recherche et de souveraineté du pays dans le Nord.
Cet approvisionnement national s’inscrit dans la Stratégie nationale de construction navale (SNCN).
Construire la prochaine génération de brise-glaces du Canada avec de l’acier canadien, c’est précisément ainsi que nous renforçons notre sécurité économique et notre souveraineté, précise Mélanie Joly, ministre canadienne de l’Industrie.
Lorsque les chantiers navals canadiens choisissent l’acier canadien, les retombées dépassent largement le cadre du chantier, lance à son tour Rajat Marwah, directeur général d’Algoma Steel.
Il s’agit de la plus importante commande d’acier polaire de l’histoire de notre usine, et d’un moment de fierté pour notre équipe de Sault-Sainte-Marie , poursuit-il.
Une retombée majeure pour Sault-Sainte-Marie
L’aciérie Algoma Steel, qui est le plus gros employeur de la ville de Sault-Sainte-Marie, a été particulièrement affectée par les tarifs douaniers américains depuis leur mise en place en 2025.
Avec ce nouveau contrat, beaucoup perçoivent une lueur d’espoir non seulement pour l’usine, mais surtout pour les travailleurs.
Je m’attends à ce que davantage d’acier provenant de Sault-Sainte-Marie soit utilisé dans le cadre de la construction d’un Canada fort. Ce travail contribue au maintien de l’emploi à Sault-Sainte-Marie–Algoma et partout au Canada, affirme Terry Sheehan, député libéral de Sault-Sainte-Marie–Algoma.

Matthew Shoemaker se réjouit de l'annonce. (Photo d'archives)
Photo : Ville de Sault-Sainte-Marie
C’est une avancée importante pour l’industrie sidérurgique canadienne et pour Sault-Sainte-Marie, compte tenu notamment des difficultés auxquelles le secteur a été confronté au cours de l’année écoulée. Nous apprécions le soutien du gouvernement fédéral , indique de son côté Matthew Shoemaker, maire de Sault-Sainte-Marie.
Pour sa part, Bill Slater, président de la section locale 2724, qui représente une partie des travailleurs d’Algoma Steel, se réjouit de l’annonce.
Chaque fois que nous avons une commande, c’est génial. Je ne dirai jamais quelque chose de mal par rapport à ça. Je pense que nous avons besoin davantage de commandes comme celle-ci , dit-il.
Il reste cependant sur ses gardes.

Bill Slater souhaite que davantage de commandes de ce type soient effectuées pour écouler le stock d'Algoma Steel. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Orphée Moussongo
C’est un cas isolé. Ils ne vont pas passer de nouvelles commandes pour ce genre de produits.
C’est formidable d’avoir des commandes, l’acier reste au Canada et c’est une bonne chose pour les salariés et pour l’entreprise, mais il faudrait que cela se reproduise bien plus souvent avant de pouvoir dire : “Oui, nous avons surmonté les difficultés et nous sommes désormais à l’abri” renchérit-il.
Selon lui, le meilleur moyen pour Algoma Steel de survivre et devenir incontournable dans le secteur de l’acier serait de fabriquer les produits dont le marché canadien a besoin.


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