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Alexy Algar-Denos, finaliste malheureux de «Top Chef» : «J’ai ressenti une immense déception»

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ENTRETIEN - Le jeune cuisinier de 28 ans, auteur d’un brillant parcours dans le concours culinaire de M6, a échoué lors de la finale face à Viviana Pisacane.

Alexy Algar-Denos a réalisé un parcours parfait... ou presque. Pendant toute la durée de cette saison 17 de «Top Chef», le cuisinier catalan a ravi le jury avec ses préparations alliant sens du goût, technique et originalité. Il a aussi séduit le public avec sa bonne humeur et sa camaraderie envers les autres participants.

Coaché en fin de parcours par Glenn Viel, celui qui officiait comme sous-chef au restaurant L’Almandin (Pyrénées-Orientales), s’est finalement incliné en finale face à Viviana, grande gagnante de cette saison inédite. Alors qu’il vient d’ouvrir un restaurant éphémère en région parisienne, il revient sur son aventure.

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TV MAGAZINE - Comment s’est passée cette finale de «Top Chef» ? 
Alexy ALGARD-DENOS - Elle a été compliquée à gérer. Je suis quelqu’un qui aime bien être fédérateur et là, il y avait quand même certains ego assez élevés, donc ce n’était pas évident. Et puis, ça ne s’est pas passé comme je le voulais. Mon menu nécessitait beaucoup de travail et je pense que c’était une erreur de ma part. Il y avait des artichauts, des poissons à lever, des doubles sauces… C’est un peu ce qui a pêché.

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Comment avez-vous réagi lorsque vous avez découvert la lame orange ? 
J’ai d’abord appris le score et, là, je me suis dit que c’était perdu à 95 %. Pendant la finale, on avait entendu quelques commentaires et j’ai vu qu’il y avait une certaine tendance sur le plat. Lorsque j’ai vu la lame orange, j’ai ressenti une immense déception, pas pour moi, mais pour mes proches qui étaient présents. J’étais déçu de les avoir fait venir pour rien, c’est ce qui a été compliqué pour moi.

Avez-vous des regrets sur cette finale ? 
Je me suis refait le match beaucoup trop de fois. Oui, je pense que j’aurais pu faire un menu différent, quelque chose de plus simple avec moins de technique. Mais c’est comme ça. Je voulais certainement me prouver des choses à moi-même et ça n’a pas marché. Après, le chef Glenn Viel m’a dit que la défaite était plus nourricière que la victoire et qu’il fallait que je m’en serve.

Pourquoi vous êtes-vous inscrit à «Top Chef» ? 
J’ai fait ce concours pour situer mon niveau et mes compétences. Je faisais un peu le malin quand je suis allé au casting parce que je trouvais les épreuves assez simples. Par contre, le premier jour de tournage, je ne voulais pas sortir le premier. J’ai une mentalité de compétiteur, donc je trouvais ça un peu honteux et j’aurais eu beaucoup de mal à le digérer. Finalement, j’ai eu le plus beau des parcours en termes d’épreuves gagnées, il n’y a que la dernière marche que j’ai loupée.

Avez-vous trouvé ce que vous étiez venu chercher dans le concours ?
Je suis encore en train de prendre du recul sur mon parcours, mais cette aventure a été aussi psychologique que culinaire. C’était comme une sorte d’introspection accélérée.

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Qu’avez-vous appris sur vous-même ? 
J’ai recentré ma cuisine et j’ai appris qu’on n’était pas obligés de mettre plein de choses dans l’assiette mais que l’on pouvait faire des plats simples avec beaucoup de goût. Plus personnellement, j’ai compris que je devrais davantage m’écouter et moins douter. C’est ce que m’a dit Glenn Viel lors de la demi-finale : « Tu as beaucoup le syndrome de l’imposteur et tu devrais essayer d’arrêter de l’avoir pour grandir plus ».

Vous l’avez peut-être un peu moins depuis le concours…
Oui, mon parcours dans «Top Chef» m’a fait du bien mais il y a quand même forcément des moments où j’ai des doutes. Et je trouve que c’est important de garder une part de doute pour évoluer car sinon on prend la grosse tête et qu’on n’avance plus.

Vous avez choisi Glenn Viel et non Paul Pairet - qui est Catalan comme vous - comme chef de brigade. Pourquoi cette décision ? 
C’est vrai que, sur le papier, tout était fait pour que j’aille chez Paul Pairet. Mon choix était davantage au feeling que vis-à-vis de mon appartenance à la Catalogne. Je me suis écouté car je m’entendais vraiment bien avec Glenn Viel, il me faisait marrer. Je me suis dit qu’on allait bien rigoler et que ça allait bien se passer. Il m’avait appelé «Kung-Fu Panda» au jardin d’acclimatation. Je me suis dit : « S’il y a des brigades, il faut vraiment que j’aille avec lui ».

Finalement, qu’est-ce qu’il vous a apporté ? 
Il m’a encore poussé au recentrage, à ne pas partir dans des délires et à rajouter des choses. Et ça m’a fait vraiment du bien. J’ai lu une interview de Paul Pairet qui disait que faire de la cuisine simple et goutue ce n’est pas si facile et que je le faisais très bien donc c’est plutôt cool.

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Pendant la majeure partie du concours, il n’y avait pas de brigades. Est-ce une fierté supplémentaire d’avoir mené votre chemin seul ?
C’était compliqué. C’est peut-être un peu ça qui m’a perdu aussi quand on est arrivé sur les coachings parce que, tout au long de la compétition, j’ai appris à m’adapter au palais des chefs et donc j’ai construit mes plats pour faire en sorte qu’ils les aiment. Et du coup, nous sommes ensuite tombés sur des jurys totalement différents derrière et ça m’a beaucoup déstabilisé.

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Comment voyez-vous la suite ? 
L’émission a mis un gros coup de projecteur sur moi, plus que je ne l’imaginais. Maintenant, à moi de transformer l’essai, comme on dit.

Quels sont vos projets ? 
Je viens d’ouvrir un restaurant éphémère pour quatre mois à Saint-Cloud sur les bords de Seine. Cela s’appelle Cramat (à prononcer Cramats). J’y propose de la cuisine catalane modernisée avec de belles grillades réalisées au brasero et au barbecue, des bols de picolat, de la bullinada, des merlus au sagi mais aussi de la crème catalane. J’y suis tous les jours midi et soir.

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