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Une pétition demande à la présidente du tribunal de ne pas suivre les réquisitions de la procureure concernant Curtis, un American Pitbull Terrier de 8 ans et demi accusé d'avoir tué Elisa Pilarski en 2019. Les signataires estiment qu'il existe une alternative à l'euthanasie afin que l'animal ait « au moins une fin de vie digne ».
Kevin Nectoux - Aujourd'hui à 17:10 | mis à jour aujourd'hui à 20:56 - Temps de lecture :
« Je crois en l’innocence de Curtis » ; « [Il] a subi une éducation maltraitante » ; « [Il] est avant tout une victime » … Convaincues ou non de la culpabilité de Curtis, accusé d’avoir tué Elisa Pilarski le 16 novembre 2019 en forêt de Retz, des dizaines de milliers de personnes veulent faire pression sur le tribunal pour éviter une condamnation de l’animal. En effet, jeudi 5 mars, au terme de trois jours d’audience, la procureure de la République a requis 4 mois de prison avec sursis contre Christophe Ellul, compagnon de la victime et propriétaire de Curtis, pour homicide involontaire, tandis que l’euthanasie a été demandée pour le pitbull – bien que son maître affirme qu’il s’agit d’un « croisé patterdale terrier/whippet » –désormais âgée de 8 ans et demi.
Cette décision fatale de la magistrate a indigné plusieurs associations de défense des animaux, dont Les Amis de Sam, partie civile, qui a demandé la réalisation d’une nouvelle expertise comportementale sur Curtis. À l’issue de l’audience, un collectif nommé « Grâce pour Curtis » a lancé une pétition sur la plateforme change.org pour demander à la présidente du tribunal de Soissons, Armelle Radiguet, de renoncer à cette option. « Curtis a aujourd’hui 8 ans et demi. Lorsqu’il a été placé en détention, il n’avait que 2 ans. Depuis ce jour, il vit enfermé depuis plus de six ans, privé de liberté et dans l’attente d’une décision qui pourrait lui coûter la vie », écrit le collectif.
« Une alternative sérieuse, responsable et sécurisée »
Ses membres estiment surtout qu’il existe « une alternative sérieuse, responsable et sécurisée » à la mort de l’animal. « L’association AVA (Agir pour la Vie Animale), reconnue pour son engagement et son expertise dans la protection animale, s’est officiellement proposée pour accueillir Curtis à vie dans son refuge sanctuaire sécurisé. Ce sanctuaire dispose d’infrastructures spécialement adaptées pour les animaux nécessitant un encadrement particulier ; d’équipes professionnelles expérimentées ; de protocoles stricts garantissant la sécurité du public, du personnel et de l’animal. »
À l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 26 000 personnes ont signé la pétition. Dans son message, le collectif affirme ne pas « ignorer les faits » pour lesquels la procureure a requis l'euthanasie de Curtis. En revanche, certains signataires déclarent en commentaire ne pas croire à la culpabilité de l’animal, rejoignant parfois l’hypothèse avancée par le prévenu, Christophe Ellul, à savoir la responsabilité de la Société de vènerie, qui organisait une chasse à courre le même jour que la mort d’Elisa Pilarski. Pourtant, plusieurs éléments tendent à montrer l’incompatibilité chronologique de l’implication de ces chiens dans le décès de la jeune femme, ainsi que plusieurs expertises.
D’autres s’opposent moralement à l’euthanasie de l’animal : Curtis ne doit pas payer pour les erreurs éducatives de son maître, accusé d’avoir dressé son chien au mordant, une pratique strictement encadrée et interdite aux particuliers. Avant le procès, Me Sophia Salmeron-Albert, avocate des amis de Sam, plaidait déjà pour « donner une seconde chance à ce chien ». « On peut le rééduquer », affirmait-elle dans un entretien à votre journal.
« Après plus de six années d’enfermement, Curtis mérite au moins une fin de vie digne », abonde le collectif. La décision du tribunal, mise en délibéré, sera rendue le 11 juin.


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