Sept ans après la mort d'Elisa Pilarski, le 16 novembre 2019 dans une forêt de l'Aisne, son compagnon Christophe Ellul est jugé depuis ce mardi à Soissons pour homicide involontaire. Son chien Curtis est soupçonné d’être l’auteur de l’attaque.

La rédaction avec notre envoyé spécial sur place, Aurélien Poivret - Aujourd'hui à 11:58 | mis à jour aujourd'hui à 11:58 - Temps de lecture :

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Elle avait 29 ans et elle était enceinte de six mois. Un petit garçon, qui devait s'appeler Enzo. Son premier enfant. Dans l’après-midi du 16 novembre 2019, le corps sans vie d’Elisa Pilarski est retrouvé dans la forêt de Retz, au sud-ouest de Soissons, dans l'Aisne, avec plusieurs dizaines de plaies à la tête, au cou, aux bras et à la jambe droite. Des morsures canines qui ont provoqué une hémorragie mortelle. Ce jour-là, elle promenait Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul. L'animal est soupçonné d'être l'auteur de l'attaque.

Sept ans après le drame, Christophe Ellul est jugé depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Soissons pour homicide involontaire. La mère et l’oncle d’Elisa Pilarski assistent au procès. Lors du premier jour d'audience, son compagnon Christophe Ellul a défendu son chien.

  • Christophe Ellul à la barre, mardi lors du premier jour d'audience. Photo Sipa/ZZIIGG

    Christophe Ellul à la barre, mardi lors du premier jour d'audience. Photo Sipa/ZZIIGG

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  • Christophe Ellul à son arrivée ce mercredi matin au tribunal correctionnel de Soissons. Photo Ebra/Aurélien Poivret

    Christophe Ellul à son arrivée ce mercredi matin au tribunal correctionnel de Soissons. Photo Ebra/Aurélien Poivret

  • Pour Christophe Ellul, la piste des chiens de vènerie à courre reste plausible. Photo AFP/François Lopresti

    Pour Christophe Ellul, la piste des chiens de vènerie à courre reste plausible. Photo AFP/François Lopresti

  • Les réquisitions et les plaidoiries devraient avoir lieu jeudi. Photo AFP/François Lo Presti

    Les réquisitions et les plaidoiries devraient avoir lieu jeudi. Photo AFP/François Lo Presti

Suivez l'audience de ce mercredi :

  • 11:55

    L'audience est suspendue

    L'audience est suspendue, le temps de la pause déjeuner. Elle reprendra à 13h15.

  • 11:46

    « Je crois que tu mélanges tout », lance Christophe Ellul à l'oncle de la victime

    Christophe Ellul est interrogé par l'oncle d'Elisa Pilarski, qui lui demande quels ont été les derniers mots de la jeune femme, au téléphone. Le prévenu répète qu'elle a dit se faire mordre par des chiens et qu'elle avait du mal à maîtriser Curtis. La discussion est un peu tendue. « Je crois que tu mélanges tout », lâche Christophe Ellul.

  • 11:39

    Le prévenu se pose en victime du lobby de la chasse

    Le prévenu se pose en victime du lobby de la chasse, qui l’accuserait pour se protéger : « Quand l’affaire a commencé et que j’ai dit ce que j’avais vu, ça a commencé à prendre de l’ampleur sur les réseaux, mais je n’attaquais pas la chasse. » « J’ai attaqué un hobby, une passion pour certains, ajoute Christophe Ellul. C’est désolant d’en arriver là. »

  • 11:15

    Christophe Ellul n'en démord pas : Curtis n'a pas attaqué sa compagne

    Christophe Ellul maintient qu’il n’a pas la preuve que c’est son chien Curtis qui a attaqué Elisa. « Je continuerai ce combat jusqu’au bout, dit-il. Je veux qu’on sache la vérité, pour moi, pour Elisa et les autres. Je continuerai à me battre jusqu’à ce qu’on me prouve que c’est Curtis. »

  • 10:53

    Le prévenu dénonce une instruction à charge

    Christophe Ellul dénonce une enquête et une instruction à charge. « Si on en est là, c'est parce que ça n'a pas été impartial », dit-il en réponse à une question de son avocat.

  • 10:50

    Le jugement rendu dans plusieurs semaines

    Au détour d'une explication au prévenu, la présidente annonce, comme on le pressentait, que le jugement sera mis en délibéré, et rendu dans plusieurs « semaines ».

  • 10:45

    « Il est impossible qu'un chien de la meute ait initié l'attaque d'Elisa », affirme la procureure

    La procureure de la République rappelle le timing de la chasse à courre pour tenter de faire comprendre au prévenu que cette hypothèse doit être écartée : les chiens de la meute sont sortis du camion au plu tôt à 13h20, alors qu'Elisa Pilarski a appelé Christophe Ellul à l'aide à 13h18.

    « Il est impossible qu'un chien de la meute ait initié l'attaque d'Elisa », affirme la magistrate, Laureydane Ortuno. « Il faut juste assumer que vous avez une probable responsabilité dans cette affaire », lui dit-elle.

  • 10:36

    Des chasseurs l'auraient entendu crier « Arrête ! »

    Au total, ils sont sept chasseurs à qui Christophe Ellul a dit que son chien est « dangereux », ce qu'il nie. Deux d'entre eux l'ont aussi entendu crier « Arrête ! ». « Ils disent ce qu'ils veulent », rétorque Christophe Ellul. « Ce que j'ai crié, c'est "Elisa" et "Curtis" ».

  • 10:24

    Échanges tendus sur les examens des chiens

    L'audience se tend quelque peu. « Qu'est-ce que vous auriez voulu de plus pour comprendre que les chiens de la meute sont en dehors de tout ça ? », vitupère Me Guillaume Demarcq, l'avocat de la Société de vènerie.

    « Qu'on ne refuse pas les demandes de mon avocat », répond du tac-au-tac le prévenu, persuadé que le traitement de Curtis après les faits n'a pas été le même que celui des chiens de chasse à courre. La procureure intervient : « les chiens de chasse à courre et le vôtre ont eu les mêmes examens, dit-elle. J'ai l'impression que parfois, vous avez cru des choses qui vous ont mis en colère. »

  • 10:13

    « Curtis est un chien très sociable avec ses congénères »

    Avocate de l'association Les Amis de Sam, Me Sophia Albert-Saleron envisage ce scénario : « Est-ce que Curtis, en entendant au loin les chiens de chasse, aurait pu commencer à s'exciter, à tirer sur sa laisse ? » Elisa Pilarski aurait alors pu se retrouver en difficulté. Là encore, Christophe Ellul évacue cette hypothèse : « Curtis est un chien très sociable avec ses congénères. Donc je ne dis pas que c'est impossible, mais je ne pense pas. »

  • 09:55

    « C'est ma parole contre la leur » : Ellul a-t-il dit aux chasseurs que son chien était « dangereux » ?

    Les participants à la chasse à courre ont expliqué aux enquêteurs avoir croisé Christophe Ellul, en panique, qui cherchait sa femme. Il les prévenait alors que son chien Curtis était « dangereux » et qu'ils devaient faire attention aux leurs. À la barre, le prévenu dément fermement ces déclarations, pourtant multiples, et confirmées également par un cycliste venu à son aide.

    « Je leur ai juste demandé s'ils avaient vu une femme et un chien noir en laisse. Je n'ai jamais dit que mon chien était dangereux. Ça a été inventé et ce n'est pas bien de la part du Rallye La Passion [l'association qui organise la chasse à courre ce jour-là] », affirme le prévenu. « Quel serait leur intérêt de dire ça ? » , interroge la présidente. « C'est à eux qu'il faut demander, rétorque Christophe Ellul. Je sais que c'est ma parole contre la leur, mais je n'ai jamais dit ça. »

  • 09:41

    Christophe Ellul a vu des chiens sur les lieux

    A la barre, le prévenu explique avoir vu, hors de la meute de chiens participant à la chasse à courre, « trois ou quatre chiens. Ils étaient tout seuls. Mais c'était des chiens de chasse, pas des chiens errants. » Et le prévenu de poursuivre : « Les chiens que j'ai vus sur les lieux, ils n'étaient pas dans la meute. »

    Ces chiens « étaient un peu plus hauts, détaille Christophe Ellul, avec une couleur différente, plus blancs ». Me Guillaume Demarcq, l'avocat de la Société de vènerie, lui indique que cela est normal puisque la meute qui participait à la chasse à courre « n'est pas uniforme. Il y a trois races de chiens de chasse. »

    « Est-ce que vous pouvez envisager que ces chiens ne soient pas à l'origine du décès d'Elisa Pilarski? », lui demande la présidente. « Je n'étais pas là, donc je ne sais pas mais je vous dis ce que j'ai vu, répond le prévenu. Je ne pense pas avoir accusé les chiens de chasse, mais c'est resté dans ma tête parce qu'ils étaient là. Ensuite, il y a eu plein d'incompréhension. »

  • 09:30

    Le prévenu de retour à la barre

    En ce deuxième jour d'audience, seulement une quinzaine de personnes se trouvent dans la salle. De retour à la barre, Christophe Ellul écoute la présidente rappeler que, lorsqu'il arrive dans la forêt de Retz pour chercher Elisa Pilarski, ce 16 novembre 2019, la jeune femme est « probablement déjà décédée », puisqu'il est alors « entre 14h10 et 15h » alors que l'heure du décès est estimée à 13h30.

  • 08:55

    Le résumé de la première journée d'audience

    La première journée du procès pour homicide involontaire de Christophe Ellul, mardi devant le tribunal correctionnel de Soissons (Aisne), a tourné autour de son chien Curtis, suspecté d’avoir atrocement tué sa compagne. Mais le prévenu, lui, ne veut toujours pas y croire.

    > Le compte rendu de notre envoyé spécial est à retrouver ici.

  • 08:50

    Le programme de la journée

    Le procès reprendra à 9h avec les questions relatives à la chasse à courre, dernier point abordé hier soir avant la suspension d'audience. Le tribunal se penchera ensuite sur des aspects plus scientifiques, notamment les mesures de mâchoires des chiens, les expertises ADN, et la question très sensible du dressage et du comportement de Curtis. Selon l'accusation, c'est le dressage au mordant suspendu, « contre nature » et « illégal », qui aurait fait la dangerosité de l'animal.

    Si le programme ne varie pas, les plaidoiries et les réquisitions devraient avoir lieu jeudi, avant une mise en délibéré du jugement.

  • 08:45

    Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré au procès de Christophe Ellul.

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