NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Six ans après la mort d’Elisa Pilarski dans une forêt de l’Aisne alors qu’elle promenait son chien Curtis, le procès de son compagnon s’ouvre ce mardi devant le tribunal correctionnel de Soissons. Jugé pour homicide involontaire, il est suspecté d’avoir fait de ce pitbull un animal dangereux, avec un dressage interdit.
Aurélien Poivret - Aujourd'hui à 06:30 - Temps de lecture :
L’affaire est peu banale, voire même intrigante. Mais le drame est immense, tant on peine à imaginer l’horreur d’une telle mort. Elisa Pilarski avait 29 ans et elle était enceinte de six mois quand son corps sans vie a été retrouvé le 16 novembre 2019 dans la forêt de Retz, dans l’Aisne, atrocement mutilé. Des plaies au visage, au cou et aux membres - celle de sa jambe droite, qui parcourt toute la cuisse de haut en bas, est particulièrement importante. Et à ses côtés, un suspect numéro un : Curtis, le chien de son compagnon, Christophe Ellul. Ce dernier doit répondre à partir de mardi d’homicide involontaire devant le tribunal correctionnel de Soissons.
Ce que la justice reproche à cet homme de 51 ans, c’est d’avoir « exposé Elisa Pilarski à un risque d’une particulière gravité qu’il ne pouvait ignorer ». Car pour le juge d’instruction qui l’a renvoyé devant le tribunal, il ne fait aucun doute que c’est bien Curtis qui a attaqué la jeune femme, et non les 21 chiens de vénerie qui participaient à une chasse à courre à proximité. Épluchant la téléphonie, le magistrat a déduit qu’au moment de l’appel à l’aide d’Elisa Pilarski, à 13 h 19, les chiens de vénerie « se trouvaient encore dans le camion, ou en sortaient seulement, à plusieurs centaines de mètres du lieu de découverte du corps ». De plus, c’est bien l’ADN de Curtis qui a été retrouvé sur une plaie située au niveau de la tête d’Elisa Pilarski, et surtout sous un ongle de sa main gauche. Et celui de la jeune femme était présent sur des traces de sang observées « sur la babine supérieure droite, la partie orbitale droite et sur le harnais de Curtis ».
Ce contenu est bloqué car vous n'avez pas accepté les cookies et autres traceurs.
En cliquant sur « J’accepte », les cookies et autres traceurs seront déposés et vous pourrez visualiser les contenus (plus d'informations).
En cliquant sur « J’accepte tous les cookies », vous autorisez des dépôts de cookies et autres traceurs pour le stockage de vos données sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Vous gardez la possibilité de retirer votre consentement à tout moment en consultant notre politique de protection des données.
Gérer mes choix
Dressé au mordant « sur leurre suspendu »
Pour la défense, tous ces indices ne sont malgré tout pas suffisants. « On ne m’a pas pleinement convaincu qu’Elisa Pilarski n’avait pas pu être tuée par ces chiens », réplique Me Alexandre Novion en remettant en cause la qualité des expertises réalisées au cours de l’instruction. Il note d’ailleurs que le médecin du Smur qui a pris en charge le corps de la victime n’imaginait pas qu’un seul canidé soit capable d’infliger de telles blessures. L’avocat de Christophe Ellul, qui plaidera la relaxe, rappelle qu’il s’agit de « chiens de chasse affamés qui doivent ramener ou manger un gibier » et à ses yeux, « le trait a été vite tiré » entre Curtis, le corps de la jeune femme, et le dressage du chien par son client.
Car c’est aussi sur ce point que le quinquagénaire va devoir s’expliquer. L’enquête a déterminé que Curtis a été importé illégalement en France, mais aussi qu’il a été dressé au mordant « sur leurre suspendu ». L’expertise vétérinaire est formelle : le chien a fait l’objet d’un « apprentissage mal conduit d’origine humaine » et surtout « interdit en France », assure le juge d’instruction. Confrontée à ce molosse de plus de 20 kg, Elisa Pilarski, petite femme d’1,52m pour 56 kg, portant dans son ventre un enfant à naître de 6 mois, n’avait aucune chance en cas de problème.
L’abri, à l’orée de la forêt où la jeune femme a trouvé la mort. Il servait occasionnellement pour suspendre des objets et entraîner Curtis au « mordant sportif ». Photo d’archives EBRA/Xavier Frere
Christophe Ellul « voulait gagner des concours avec ce chien » qu’il souhaitait « sportif », soutient Me Novion. L’animal, précise le pénaliste bordelais, était un « dérivatif » pour son client, qui l’avait acheté au moment d’une déception sentimentale, quand il ne connaissait pas encore Elisa Pilarski. Après leur rencontre, Curtis était devenu « l’autre bébé du couple ».
« Je vais le faire piquer »
Que s’est-il passé alors au moment de cette promenade ? Cela restera impossible à dire, en l’absence de témoin oculaire. Christophe Ellul n’est pas jugé pour avoir tué volontairement sa compagne - aucun élément ne va en ce sens et « ce serait pire folie » de le penser selon son avocat - mais pour avoir créé les conditions favorables d’un drame évitable. « Il avait conscience non seulement de la potentialité d’un incident, mais également, dans cette hypothèse, de l’incapacité de sa compagne à gérer l’animal », écrit le juge d’instruction.
Christophe Ellul, le propriétaire de Curtis, est jugé pour homicide involontaire à partir de mardi. Photo AFP/Mehdi Fedouach
Parmi les éléments à charge figurent notamment les photos prises par la victime quelques minutes avant sa mort, montrant le chien sans muselière. Surtout, il y a ce SMS que Christophe Ellul a envoyé à Elisa Pilarski, 20 minutes après qu’elle l’a appelé au secours : « Je vais le faire piquer. » « C’est un chien qui a été dressé pour devenir dangereux », assène M e Xavier Terquem-Adoue. L’avocat de la mère et de l’oncle d’Elisa Pilarski estime que c’est « plus qu’une imprudence, mais une faute caractérisée » qui doit être imputée à celui qui va se présenter à la barre mardi matin. « Nous arrivons au procès sereinement », assure encore M e Terquem, qui indique que depuis le drame qui lui a enlevé sa fille, Nathalie Pilarski, qui tient une épicerie dans un village des Pyrénées-Atlantiques « se réfugie dans le travail, avec sa sœur ».
« Il a sali mon nom » : six ans plus tard, l'organisateur de la chasse à courre n'a pas oublié
Six ans plus tard, l’organisateur de la chasse à courre se souvient encore de la vague de haine qui s’était abattue sur lui à l’époque des faits - la fondation Brigitte Bardot avait écrit au ministre de la Justice pour dire que sa meute représentait un « danger réel » et pour défendre Curtis. Sébastien Van den Berghe garde encore une certaine rancœur à l’endroit de Christophe Ellul. « Il a sali mon nom », estime auprès de L’Union le président de l’association “Rallye la passion”. « Il n’y a absolument rien dans le dossier qui permette d’incriminer la vénerie », appuie de son côté l’avocat de la société nationale de chasse à courre, M e Vincent Demarcq.
A.P.


4 month_ago
25



























.jpg)






French (CA)