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C'est loin d'un coup de foudre, mais le Lightning de Chaleur et la Ligue de hockey des Maritimes (LHM) ont, lentement mais sûrement, réussi à gagner le cœur de plusieurs amateurs de hockey du nord-est du Nouveau-Brunswick.
Il y a un an, des partisans de hockey de la région Chaleur et de la Péninsule acadienne ont eu le cœur brisé à la suite du départ du Titan d'Acadie-Bathurst et de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) vers Terre-Neuve.
Ce déménagement a marqué la fin de 27 ans d'histoire d'une équipe où ont évolué Patrice Bergeron, Roberto Luongo, Jules-Édy Laraque, Bruno Gervais et François Beauchemin.

Owen Arnold, du Lightning, en blanc, donne du fil à retordre à son adversaire du Blzzard, Michael Arsenault.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Même si la LHM est un niveau inférieur à la LHMJQ dans la hiérarchie du hockey canadien, un an plus tard, la peine d'amour commence à guérir. Sans effacer le passé, la région est prête à écrire un nouveau chapitre de son histoire.
C'est le constat qui s'est dégagé lors de notre passage, la semaine dernière, au Centre K.-C. Irving de Bathurst. Le Ligthning recevait le Blizzard d'Edmundston, pour le 4e match de la demi-finale de la LHM.

Mylène Ouellet-LeBlanc est la directrice des opérations du Lightning Chaleur. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Nicolas Legault
Ç'a été un défi, mais je pense que les gens ont répondu et ils sont contents, explique Mylène Ouellet-LeBlanc, directrice des opérations du Lightning.
Elle dit comprendre la tristesse des partisans du Titan. Sa famille a hébergé des joueurs de l'équipe et elle a fait partie d'un groupe qui a tenté de la sauver.
Maintenant, elle participe à l'établissement d'une nouvelle concession dans une nouvelle ligue.
C'était vraiment de bâtir complètement une organisation, explique Mme Ouellet-LeBlanc. Et ça ne fait que commencer.
Une soirée du hockey à Bathurst
Adopter une nouvelle équipe n'est pas évident, mais les nombreux bips des lecteurs validant les billets des spectateurs qui résonnaient dans le hall d'entrée du Centre K.-C. Irving mardi soir laissaient croire que c'est chose faite.

Le Lightning de Chaleur a, en moyenne, attiré 1347 partisans lors de ses matchs disputés au Centre K.-C. Irving cette année.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Colleen Knowles, qui se décrit comme une « super fan » était sur place avec des affiches pour encourager ses favoris.
C'est pour encourager le Lightning à gagner, pour encourager nos gars, dit-elle.

Leann Lapointe, à gauche, regarde les affiches créées par Colleen Knowles.
Photo : Radio-Canada / Bader Ben Amara
Leann Lapointe a encouragé le Titan pendant deux décennies, mais n'a pas hésité à embarquer dans l'aventure du Lightning.
Les joueurs sont vraiment pour les partisans. Après les matchs, ils viennent nous rencontrer, ajoute la détentrice d'abonnement saisonnier.
Mardi soir, une foule de 1460 personnes a assisté au match. Incluant les éliminatoires, Chaleur a attiré une moyenne de 1347 spectateurs par partie, ce qui en fait un des trois arénas les plus achalandés de la LHM.

Jonathan Roy, animateur d'un balado sur le Lightning de Chaleur.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
C'est quand même mieux que les assistances du Titan dans les mauvaises années, fait remarquer Jonathan Roy.
Ce partisan, passionné de hockey, anime un balado sur le Lightning. Il remarque un changement d'attitude des résidents de la région envers les nouveaux venus.
Je suis content de voir ça. Il y a quand même du monde qui n'a pas fait son deuil du Titan. Ça va peut-être leur prendre un ou deux ans. Mais la seconde qu'ils vont venir voir le Lightning, ils vont tomber en amour.
Rose-Marie, un an plus tard
Il n'est pas le seul à le constater.
En avril 2025, Radio-Canada a rencontré Rose-Marie Léger, chez elle, dans les dernières heures du Titan.

Rose-Marie Léger suit les activités de l'ancien Titan, devenu Régiment de Terre-Neuve, parce qu'elle connaît plusieurs joueurs qui ont évolué à Bathurst. Mais, il y a une place dans son coeur pour les petits nouveaux du Lightning.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Quelques 370 jours plus tard, on la revoit avant la joute du Lightning, en train d'aider son amie à vendre des billets pour le Radiothon des Roses.
Je vais le dire franchement, j'ai encore le Titan dans mon cœur et je les suis à Terre-Neuve, souligne-t-elle. Je regarde les pointages et je suis fière d'eux.
Mais, Rose-Marie Léger aime aussi le hockey. Elle s'est laissé convaincre par le niveau junior A et la nouvelle équipe. Elle a même son abonnement saisonnier.

Depuis la victoire contre les Rapides de Grand-Sault, au premier tour, le Lightning attire de plus en plus de curieux.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Il y en avait qui ne voulaient pas revenir. Mais moi j'ai dit : "j'y vais, même si je devais être toute seule", raconte la fière partisane.
Puis, je me suis aperçue qu'il y avait beaucoup de gens qui étaient pour le Titan qui sont ici aujourd'hui.
Même les adversaires remarquent que le changement s'opère bien à Bathurst.
Michael Ward, l'entraîneur du Blizzard d'Edmundston, est originaire de Shippagan. Il a grandi en admirant le Titan, puis il a joué contre eux au Centre K.-C. Irving en tant que membre des MAINEiacs de Lewiston et des Screaming Eagles du Cap-Breton.

Michael Ward, entraîneur-chef du Blizzard d'Edmundston. (Photo d'archives).
Photo : Radio-Canada / Allyson Dubé
Ça me rappelle de bons souvenirs. Je trouve que l'atmosphère et l'ambiance sont bonnes, fait remarquer l'ancien défenseur. Je pense que ça fait du bien aux gens de la communauté de Bathurst d'avoir une équipe chez eux.
Jonathan Roy loue l'engagement communautaire des joueurs du Lightning et considère qu'ils ont contribué à créer un engouement pour la nouvelle équipe.
On les voit un peu partout, relate l'animateur de La Voix du Lightning. Il y a quelque semaines, lors d'une visite dans un magasin, mon garçon a joué au PlayStation avec eux comme si que c'était leurs amis.
Les joueurs, de leur côté, ressentent cet amour des partisans et disent être conscients que le changement n'est pas facile pour tout le monde.
Mais, l'accueil est chaleureux. Le jeu de mots est involontaire.
C'est vraiment bien. Sérieux, c'est nouveau pour moi, venir d'ailleurs pour vivre ici. Jouer dans cet aréna-là, avec les fans, c'est une belle expérience, s'exclame le défenseur William Cossette.

William Cossette est originaire de Laval, au Québec. C'est sa première saison dans la LHM.
Photo : Radio-Canada / François Le Blanc
Le hockeyeur de 20 ans espère bien que les efforts des joueurs, hors glace et sur la patinoire, porteront leurs fruits à long terme.
Même si le Blizzard a mis fin à la saison de Chaleur samedi soir à Bathurst, les dirigeants du Lightning se disent mission accomplie pour cette première année. Mais, comme dans toute relation amoureuse, il faut faire attention de ne pas tenir pour acquis les autres.
On voit ça qu'il y a plein de choses qu'on peut améliorer, conclut Mylène Ouellet-LeBlanc, qui pense déjà à l'année prochaine.


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