Taches de brûlures, fruits plus petits, semis qui ne prennent pas… Les températures extrêmes et surtout la sécheresse auront de lourdes conséquences sur les récoltes de la fin de l’été et de l’automne.

Charlotte Murat - Aujourd'hui à 07:15 - Temps de lecture :

La perte de production de pommes pourrait aller jusqu’à 25 %. Photo d'illustration Sipa/Seba La perte de production de pommes pourrait aller jusqu’à 25 %. Photo d'illustration Sipa/Seba

« La situation est d’une gravité extrême pour bon nombre de maraîchers », alerte Daniel Sauvaitre. « Pour tous les fruits et légumes qui arrivaient à maturité au printemps et jusqu’à maintenant, les récoltes étaient correctes et les consommateurs au rendez-vous. Mais avec cette troisième canicule, on va avoir de vraies catastrophes », poursuit le président d’Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais. Les pêches, nectarines, abricots, fraises, et autres melons qui sont déjà en rayons ont profité de bonnes conditions pour se développer et surtout d’irrigation. Mais pour toutes les productions à venir, c’est une tout autre histoire.

De canicule en canicule, la sécheresse gagne du terrain et les restrictions d’eau se multiplient. Selon Météo-France, « la sécheresse est généralisée à l’ensemble du territoire hexagonal et de la Corse. Les sols sont encore plus secs que ceux observés en 2022 ou 2025 à la même période. Ils se rapprochent des niveaux records de sécheresse ». Vendredi, 43 départements étaient en situation de crise, selon VigiEau. « Les quotas d’eau alloués aux maraîchers et aux arboriculteurs ont été réduits. Malgré l’optimisation de chaque goutte d’eau, ça ne passe plus », se désole Daniel Sauvaitre, qui évoque des pertes de « 30 % à 100 % dans les champs car les semis ne prennent pas » : « On m’a par exemple parlé de 300 ou 400 hectares de semis de carottes détruits dans les Landes. » Poireaux et salades souffrent de la même façon.

« Certains se demandent s’ils auront assez d’eau pour mener la production jusqu’au bout »

Chez les producteurs de prunes, de pommes ou de poires, l’inquiétude gagne également. La grande distribution est prévenue, les fruits seront plus petits qu’attendu et risquent de présenter des marques de brûlures. « Certains se demandent également s’ils auront assez d’eau pour mener la production jusqu’au bout. Pour les pommes, qui seront cueillies entre août et octobre, les pertes de production pourraient aller jusqu’à 25 % », s’inquiète Daniel Sauvaitre. Dans un communiqué envoyé vendredi, les producteurs de pruneaux font état de « chutes de fruits, brûlés par les températures extrêmes », avec des dégâts « de 10 % à 100 % de pertes selon les vergers » pour la seule canicule de juin.

Alertant sur une situation d’une « gravité inédite », la FNSEA, premier syndicat agricole, fait état de pertes économiques atteignant près de 25 % pour les fruits et légumes, de reculs de rendements céréaliers de 20 % et de 30 % pour le maïs, d’une diminution de la production laitière pouvant attendre 30 %. Il demande une « enveloppe de crise dans le budget 2027 ». De son côté, la Confédération paysanne appelle à la « reconnaissance de l’ensemble du territoire en catastrophe naturelle » et à une meilleure indemnisation des agriculteurs. Daniel Sauvaitre, lui, insiste sur la nécessité de stocker l’eau pendant l’hiver. Ce sujet est contenu dans le projet de loi d’urgence agricole, pour laquelle députés et sénateurs doivent se mettre d’accord le 16 juillet.

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