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  • Les arbres fruitiers sont en fleurs : voici pourquoi ce n’est pas vraiment une bonne ...

Les vergers fleurissent de plus en plus tôt, exposant les futurs fruits à de nombreux dangers. Ce début d'année, marqué par des semaines très froides puis le redoux, a été particulièrement propice à une floraison précoce.

Charlotte Murat - Aujourd'hui à 19:23 | mis à jour aujourd'hui à 19:32 - Temps de lecture :

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Elles font la joie des photographes amateurs et mettent du baume au cœur en marquant officiellement l’arrivée du printemps. Mais les fleurs sur les arbres fruitiers sont, cette année encore, bien précoces. « Certaines espèces ont entre deux et trois semaines d’avance », observe Inaki Garcia de Cortazar Atauri, directeur de l’unité de service AgroClim de l’Inrae (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement). Des pommiers en fleurs en même temps que des amandiers ou des cerisiers, espèces naturellement plus précoces, c’est clairement dû au réchauffement climatique. « On note une avancée des floraisons depuis les années 1990, mais cela s’est accéléré depuis les années 2015 », précise Bénédicte Wenden, chercheuse à l’Inrae.

L’hiver 2025-2026 a même été particulièrement propice à la floraison précoce. Les températures glaciales des mois de décembre et de janvier ont favorisé la « vernalisation », que Bénédicte Wenden explique comme étant « les besoins en froid des plantes qui leur permettent de fleurir ensuite ». Le redoux de février a ensuite accéléré la floraison. « C’est particulièrement marqué au nord de la Loire, où les températures sont en moyenne jusqu’à 2°C au-dessus des normales depuis la mi-janvier », précise Inaki Garcia de Cortazar Atauri.

Gel et champignons

L’accélération de la croissance des plantes peut permettre de mettre sur le marché des produits français plus tôt afin de répondre aux envies des consommateurs. Mais de la fleur au fruit, la route est encore longue et de nombreux dangers guettent à présent les vergers, à commencer par le gel. « Dès qu’elles sont en fleurs, les plantes sont beaucoup plus sensibles aux températures négatives », rappelle Bénédicte Wenden. On se souvient de l’épisode de gel d’avril 2021, qui avait décimé la moitié des fruits à coque et jusqu’à la totalité des raisins dans certaines exploitations viticoles.

Outre les dangers du froid, cette année est marquée par une pluviométrie exceptionnelle, qui augmente les risques de maladies. « Les champignons pourraient être très marqués cette année », prédit Bénédicte Wenden. Quant aux vergers inondés en février, « c’est maintenant que va commencer l’évaluation des dégâts », ajoute Inaki Garcia de Cortazar Atauri.

Pour s’adapter au réchauffement climatique, les arboriculteurs ont développé des solutions d’urgence, comme des filets antigel. À plus long terme, l’Inrae travaille de son côté sur la génétique des plantes, une même espèce contenant plusieurs variétés naturellement plus ou moins précoces.

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