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Lucas Picard, qui a agressé un homme en utilisant un stratagème sur l’application de rencontre destinée à la communauté LGBTQ+ Grindr, est condamné à purger une peine à domicile de deux ans moins un jour.
Au moment de rendre sa décision, la juge Claire Desgens a souligné que le jeune homme aurait pu faire face à une peine de prison beaucoup plus grave, mais que ses efforts pour reprendre le bon chemin ont été pris en considération.
Lucas Picard a suivi une longue thérapie de six mois qu’il a accomplie avec succès, a souligné en entrevue la procureure aux poursuites criminelles et pénales dans cette affaire, Gaëlle Paradis. Il s’est trouvé un emploi auprès d’un employeur qui a une influence positive pour lui. Il a également maintenu sa sobriété dans le temps et fait le ménage dans son cercle social.
Le rapport présentenciel faisait état d’une bonne reprise en main. C’était une réhabilitation super convaincante.
La peine a été proposée conjointement par la défense et la poursuite, qui se sont entendues, puis entérinée par la juge.
Lucas Picard a reconnu en février avoir frappé un jeune homme au visage avec une barre de fer, plus précisément une pôle à rideaux en aluminium, dans la nuit du 7 au 8 août 2024, sur la rue Gillespie, à Sherbrooke.
Il a utilisé le faux profil Alexis 19 sur Grindr pour donner rendez-vous à la victime. Il se trouvait alors avec trois amis, qui ont aussi été accusés dans cette affaire. Une autre agression a eu lieu dans la même nuit, mais Lucas Picard n’était pas impliqué dans celle-ci.
Présent au palais de justice de Sherbrooke jeudi matin, Lucas Picard a versé des larmes. Je m’excuse auprès des victimes, ça aurait jamais dû arriver. Ce n’est pas une excuse, mais si la drogue n'avait pas été là-dedans, les mauvaises influences et tout ça, je ne serais pas là aujourd’hui. J’ai des rêves et j’aimerais me rendre au bout [de ceux-ci] , a-t-il dit.
Grande violence
La juge a fait valoir qu’il ne fallait pas minimiser l’impact du geste d’une grande violence sur la victime. Il faut se mettre dans la peau de cette personne-là qui pensait faire une rencontre affective, passer un bon moment, et qui finalement s’est trouvée assaillie. Claire Desgens a mentionné que la victime avait de la difficulté à se rendre au centre-ville, au cinéma, sans avoir la peur au ventre.
La victime a aussi subi des blessures physiques, comme des contusions au visage et à l'avant-bras droit, des brûlures causées par l’utilisation de poivre de cayenne et une possible commotion cérébrale.
La défense a plaidé que Lucas Picard n’en avait pas contre les homosexuels, mais plutôt contre les pédophiles, qu’il chassait sur l’application de rencontre.
La juge a tout de même souligné que l’agression s’inscrivait dans un contexte particulier, où la violence se déploie sans complexe sur les réseaux sociaux, notamment envers la diversité sexuelle.
Dans le contexte actuel, où des choses innommables sont dites sur les réseaux sociaux […], vous êtes passé de la parole aux actes, vous avez monté trois marches, a-t-elle affirmé.
Les trois autres individus impliqués dans l’affaire Grindr ont tous plaidé coupable.
Thomas Marcoux a été condamné à six mois de prison, Tristan Gilbert à 12 mois et Nathan Guyon attend toujours sa sentence.
Le dossier devrait revenir en mars au palais de justice de Sherbrooke.


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