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La Police provinciale de l’Ontario (PPO) blanchit trois policiers de Toronto soupçonnés de parjure et de collusion à la suite de leur témoignage lors d’un procès pour meurtre. Elle n'a trouvé « aucun motif raisonnable de croire qu'une infraction pénale ait été commise par les agents concernés », peut-on lire dans le rapport rendu public mardi par le Service de police de Toronto.
Les trois agents ont témoigné au procès d’un homme accusé du meurtre au premier degré de leur collègue Jeffrey Northrup, happé mortellement dans le stationnement souterrain de l'hôtel de ville de Toronto. Ils étaient présents lors de la mort de l’agent Northrup et ont raconté au procès ce qui s’était passé et ce qu’ils avaient vu au sujet de la collision.
Umar Zameer, qui pensait avoir affaire à des criminels et être tombé dans une embuscade le soir des faits, a été acquitté en 2024. Les policiers n’étaient pas en uniforme et M. Zameer était avec sa jeune famille.

Umar Zameer a été acquitté du meurtre prémédité de l'agent Jeffrey Northrup.
Photo : La Presse canadienne / Chris Young
La juge au procès a estimé que les policiers qui ont témoigné avaient donné des informations inexactes, à des degrés divers, et a laissé entendre qu’il pourrait y avoir eu collusion.
Les différences dans des témoignages et des éléments de preuve présentés au procès portaient entre autres sur l’endroit où l’agent Northrup se trouvait quand il a été heurté et sur la question de savoir si deux des policiers avaient ou non pointé leur arme sur les occupants du véhicule.
Le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, a demandé à la Police provinciale de l’Ontario d’enquêter sur ces allégations.
L'enquête de la Police provinciale de l'Ontario n'a révélé aucun élément permettant de conclure que les détectives Lisa Forbes, [Scharmil] Pais ou [Antonio] Correa avaient menti ou s'étaient entendus pour mentir, conclut la PPO dans son rapport d’enquête. Les allégations formulées au sujet de la conduite des agents, qui auraient constitué une entrave à la justice, n'ont pas été jugées fondées en se basant sur les témoignages et les preuves présentés.
Le chef Demkiw a souligné en conférence de presse que les dernières années ont été particulièrement difficiles pour les trois policiers, qui ont perdu un collègue dans des circonstances tragiques pour ensuite être soupçonnés d’avoir menti sous serment et fait entrave à la justice. Ce sont des allégations qui remettent directement en cause l’intégrité de policiers, a-t-il fait valoir.

Le chef du Service de police de Toronto, Myron Demkiw
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
Leur crédibilité a été remise en cause et, dans l’opinion publique, certains les avaient déjà condamnés.
« J’encourage les gens à lire le rapport, à examiner le fil des événements, qui démontre qu’il n’y a pas eu d’occasion de collusion et que les similitudes dans le récit des policiers, qui reflètent le fait qu'ils ont été témoins du même événement, ne constituent pas une preuve d'entrave intentionnelle à la justice », a-t-il insisté.
Le président de la Toronto Police Association, Clayton Campbell, a réclamé des excuses de la juge Anne Molloy, qui a présidé au procès d’Umar Zameer. Comme cela a été démontré aujourd’hui, quand nos membres sont accusés d’avoir commis des erreurs, il y a une enquête et, si nécessaire, ils sont tenus responsables, a-t-il commenté.
Il a ajouté que les juges ne sont pas au-dessus de tout reproche et doivent eux aussi assumer leurs responsabilités.

Le président de la Toronto Police Association, Clayton Campbell
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
Aujourd'hui, je fais le premier pas pour demander des comptes et j’invite publiquement la juge Malloy à corriger les choses. En raison des propos tenus par la juge Malloy, nos membres ont été accusés d'avoir terni la mémoire d'un collègue décédé.
M. Campbell a dit qu’il discuterait avec les trois policiers en cause, pour déterminer quelles seront les prochaines étapes. Le chef de police n'a pas voulu faire de commentaire à ce sujet.

La BMW d'Umar Zameer a fait l'objet d'une analyse médico-légale durant l'enquête de police.
Photo : AVEC L'AUTORISATION DE LA COUR SUPÉRIEURE DE L'ONTARIO
L’expert technique de la PPO qui a reconstitué la collision a conclu que la BMW a accéléré vers l'avant et a percuté l'agent Northrup, qui se tenait debout. Ces conclusions diffèrent de celles du spécialiste en reconstitution de la police de Toronto qui a fait enquête.
Le chef de police a mentionné les lacunes relevées dans le rapport à cet égard et a affirmé que la formation et l'amélioration des techniques d'enquête se poursuivraient au sein du service de la reconstitution des collisions.
La PPO reconnaît dans son rapport que la juge a dû tirer ses conclusions en se fiant uniquement aux preuves présentées lors du procès. Les conclusions judiciaires se fondent sur l'ensemble des témoignages, des pièces à conviction et des arguments présentés devant le tribunal, et ne tiennent pas compte des éléments d'enquête ou des analyses médicolégales qui n'ont pas été soumis, précise-t-elle.


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