Dans "Eliot Deval et vous", Charles Bouchain, reporter d'Europe 1, raconte sa semaine à Fleurance, là où habitait Lyhanna. Une semaine de terrain avec les habitants, les voisins de la fillette, entre incompréhension, tristesse et colère.
Il a passé une semaine à Fleurance, aux côtés des habitants, des voisins de Lyhanna. Charles Bouchain est reporter pour Europe 1, lorsque l'affaire Lyhanna éclate, il est envoyé à Fleurance, dans le Gers. Quelques heures avant les obsèques de la fillette, il raconte au micro d'Eliot Deval et vous ce qu'il a vu pendant ces quelques jours, et les liens créés avec les habitants.
"On a vécu le drame ensemble au fur et à mesure"
"On se met une espèce de carapace. Je suis parti le mardi pour aller à Fleurance. Je suis arrivé le mardi soir dans une commune où régnait une grande tristesse. Mais il y avait cet espoir, on ne l'avait pas encore retrouvé [Lyhanna, ndlr], il y avait encore des recherches actives. Il y avait tous ces gendarmes mobilisés sur le terrain", raconte-t-il.
"Quand j'arrive à Fleurance, la première chose que je fais, c'est d'aller à la piscine, là où elle aurait été déposée par Jérôme Barella, le principal suspect. Et il y a en fait un petit groupe, je ne savais pas, c'était sa famille. Ils parlaient entre eux pour essayer de comprendre ce qui avait pu se passer."
Au bout de quelques jours dans cette commune de 6.000 habitants, finalement Charles Bouchain a fini par "tous les connaître, tous les habitués du café du centre, Jean-Marie, Delphine... Je les voyais tous les jours. On a vécu le drame ensemble au fur et à mesure. Et malheureusement, cet enchaînement en cascade, les dysfonctionnements judiciaires, tout ce qui est venu après, et on est passé par toutes les émotions jusqu'à la plus grande tristesse de la marche blanche."
De la tristesse à la colère
Une tristesse qui rapidement laisse place à la colère. Une colère qui vient "au fur et à mesure des informations qu'on donne à la population. En fait, il y a une télévision dans le café du centre qui diffuse en continu les informations." Un sentiment qui monte à partir du moment où le corps de la fillette est retrouvé dans un silo à grains, à 15 kilomètres de Fleurance.
"Là, très vite, je n'ai pas de larmes [de la part des habitants]. Ce sont uniquement des regards froids, des regards noirs et de la colère contre ces dysfonctionnements judiciaires."


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