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Il fut l’un des hommes les plus puissants de Londres, conseiller des princes et des Premiers ministres : Peter Mandelson répond désormais aux questions de la police.
Le banquier et le ministre
L’accusation, élégamment emballée dans le concept juridique de « misconduct in public office », pourrait se traduire en langage courant par : trahison des confidences ministérielles au profit d’un ami très spécial. Entre 2008 et 2010, alors que Mandelson officiait comme secrétaire au Commerce sous Gordon Brown, il aurait régulièrement abreuvé Jeffrey Epstein d’informations sensibles sur l’économie britannique, la politique bancaire et même les plans de sauvetage européens. De quoi faire saliver n’importe quel trader new-yorkais.
Les fameux « Epstein files », récemment déversés par millions de pages par le département de la Justice américain, ne laissent guère de place au doute : les échanges étaient réguliers, chaleureux, et manifestement intéressés. L’ex-ambassadeur à Washington, qui avait pourtant tout intérêt à voir ces documents rester scellés, affirme aujourd’hui ne « pas se souvenir » de certains paiements – notamment 75 000 dollars apparus sur des comptes liés à son conjoint en 2003-2004. La mémoire sélective, privilège des grands de ce monde.
🚨💥SÉISME AU ROYAUME-UNI 🇬🇧
Peter Mandelson a été arrêté. ❌
Il est mêlé à Epstein et est accusé d’abus de pouvoir et de trahison.
Pendant ce temps, pas besoin de vous faire un dessin sur toutes les tentatives farfelues pour faire oublier l’affaire Epstein en France 🇫🇷… pic.twitter.com/43uni4o8Ue
— Un Franco-Turc 🇫🇷🤝🏼🇹🇷 (@unfrancoturc69) February 23, 2026
L’ami de mon ami
Parmi les pièces les plus gênantes, un e-mail daté du 22 janvier 2011, soit deux bonnes années après la première condamnation d’Epstein pour sollicitation de mineure. Mandelson y présente l’assistant personnel du financier comme un homme « qui s’y connaît en finance mieux que quiconque », un « bon ami » à qui l’on peut « se confier en toute franchise ». La franchise, justement : recommander chaudement l’entourage d’un délinquant sexuel avéré quand on a soi-même occupé les plus hautes fonctions de l’État, cela relève ou d’un aveuglement clinique, ou d’un mépris souverain pour le commun des mortels.
Le parcours récent de Mandelson ressemble à une lente dégringolade sociale : limogeage par Keir Starmer de son poste d’ambassadeur en septembre 2025, démission du Parti travailliste et de la Chambre des lords en février, perquisition à Camden et dans le Wiltshire, et désormais garde à vue. Libéré sous caution, le lord contemple sans doute avec amertume ces images où il apparaît gravissant les marches du commissariat.
Quand le réseau s’effiloche
Cette arrestation fait suite à celle du prince Andrew, autre pilier de l’establishment rattrapé par la même enquête pour « abus de fonction ». Le message est clair : la justice britannique, longtemps accusée de ménager ses élites, semble décidée à montrer que personne n’est au-dessus des lois – ou du moins que l’ampleur du scandale Epstein ne permet plus de protections discrètes.
Reste à savoir si les preuves de transmissions d’informations confidentielles à des fins personnelles sont suffisantes pour une mise en examen formelle. Mandelson, qui a passé sa vie à tisser des réseaux et à survivre à tous les naufrages, trouvera-t-il cette fois une issue de secours ?


3 month_ago
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