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Un communiqué de trois mille mots pour défendre un directeur adjoint de cabinet civil, ça ne passe jamais inaperçu dans une rédaction. La défense d’Oswald Baboke, mise en cause dans l’enquête sur le trafic d’or camerounais, avance un argument juridique précis : le Tribunal criminel spécial n’aurait aucune compétence matérielle sur les affaires minières. Franchement, l’argument mérite d’être examiné, pas juste balayé.
Un argument juridique qui ne tient qu’à moitié
Le texte défendant Baboke rappelle que le TCS a été créé pour juger les détournements de deniers publics et la corruption, pas les trafics de matières premières. Sur ce point précis, l’argument n’est pas faux. Mais il oublie un détail de taille.
Le TCS enquête depuis plusieurs années sur des dossiers connexes aux détournements, dès lors qu’un lien avec la gestion de biens publics ou des pressions administratives est établi. Et c’est justement ce que reprochent les enquêteurs à Baboke : des pressions présumées sur l’ex-ministre des Mines pour l’obtention de licences, ce qui relève bien de la sphère administrative et non du commerce international de l’or en tant que tel.
Ça pose question, quand même, sur la nature exacte de l’accusation.
Le texte insiste aussi sur l’absence de comptes bancaires ou de contrats signés au nom de Baboke. Sauf que l’enquête, selon nos informations précédentes, porte précisément sur l’usage de prête-noms, une pratique qui rend ce type de preuve directe presque impossible à trouver par définition.
Une défense qui évite soigneusement certains points
Le signal envoyé par ce texte est clair : il s’agit d’une défense construite pour convaincre l’opinion publique, pas uniquement les juges. Le vocabulaire choisi, « cabale », « machination médiatico-cybernétique », « kartel aurifère », relève davantage de la communication de crise que de l’argumentation juridique classique.
Le document ne mentionne à aucun moment les trois auditions déjà menées par le TCS, ni la présence d’agents de la Direction de la sécurité présidentielle lors de l’une d’entre elles. Ce silence surprend.
On ne sait pas encore si cette défense influencera le cours de l’enquête. Mais un fonctionnaire de haut rang qui mobilise autant de moyens pour répondre publiquement à des accusations, avant même la clôture de l’instruction, ça n’est pas anodin non plus.
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Alain-Claude Ndom
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.


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