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Le maire de Stephenville affiche un optimisme prudent, alors qu’une entreprise albertaine tente de rouvrir l’aérodrome de sa municipalité dans l’ouest de Terre-Neuve.
Bob Byrnes estime que l’achat des installations aéroportuaires par la firme BTG Capital, basée à Calgary, pourrait permettre à l’aérodrome de rouvrir d’ici quelques mois.
Les plans de BTG demeurent flous, mais, selon le maire, la municipalité a conclu une entente avec l'entreprise sur les impôts fonciers impayés de l’ancien propriétaire de l’aérodrome.
On renonce à certains impôts, mais la Ville va toucher un règlement important, d’ici quelques mois, lorsque l’entente sera confirmée par la cour, affirme le maire, qui refuse pour le moment de divulguer la valeur de l’entente et des impôts dus à la municipalité.

L'aérodrome de Stephenville, le 27 mai 2026.
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
L’ancien propriétaire de l’aérodrome, une société à numéro dirigée par l’homme d’affaires ottavien Carl Dymond, a dû mettre les installations aux enchères, plus tôt ce printemps.
M. Dymond, qui les a achetées en 2023, avait promis d’investir des centaines de millions de dollars à Stephenville, d’y construire des drones futuristes et d’y faire revenir les vols commerciaux, absents depuis des années. Aucune de ses promesses n’a été réalisée, en fin de compte.
L'établissement, incapable de payer ses factures, s'est finalement vu débrancher par Newfoundland Power, l'été dernier. Transports Canada l'a rétrogradé au statut d’aérodrome, en raison de l’état des pistes d’atterrissage, en mars 2025.
Dès le jour 1, je savais qu’il s’agissait d’une arnaque et d’une escroquerie et je ne pouvais pas cautionner ce qui se passait à l’aéroport.
L’ancien conseil municipal n’a pas voulu nous écouter, ajoute le maire, élu en octobre dernier. Il ne semblait pas qu’il [Carl Dymond] avait l’argent pour faire ce qu’il nous promettait. Ils ont fermé les yeux.
Carl Dymond n’a pas répondu à nos questions à l’heure où nous écrivons ces lignes.

Carl Dymond, PDG du groupe Dymond, lors d'un point de presse le 9 septembre 2021.
Photo : Troy Turner/CBC
L’ancien maire, Tom Rose, rappelle qu’en 2021, lorsque l’administration aéroportuaire a été approchée par Carl Dymond, ce dernier représentait la seule option pour l’aéroport, qui faisait faillite. Il souligne qu’à l’époque, la municipalité versait jusqu’à 500 000 $ par an à l’aéroport.
Ce que je retiens, en fin de compte, c’est que la ville ne verse plus d’argent à l’aéroport et que nous avons désormais une compagnie à Calgary qui va finalement nous présenter son plan, explique Tom Rose.

Tom Rose, ex-maire de Stephenville, dans l'ouest de Terre-Neuve. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
En avril dernier, alors la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador supervisait la mise aux enchères de l’aérodrome, Carl Dymond avait dit à CBC que la gestion de l’aéroport s’était avérée extrêmement complexe, mais qu’il avait tout donné pour tenter de réaliser son plan.
Les choses ne se sont pas finies comme je l'aurais souhaité, avait-il confié.
Infrastructures en piètre état
Des documents déposés en cour, en avril, font part de la détérioration de l’aérogare et des dégâts significatifs liés aux tuyaux fissurés, surtout depuis que le courant a été coupé.
Le retour à un fonctionnement normal nécessiterait d'importants investissements en capital, dont l'ampleur est pour l'instant inconnue et reste hypothétique, peut-on lire dans un rapport du séquestre Janes & Noseworthy.
Je pense que la compagnie est prête à faire cet investissement pour rebâtir la valeur de l’aéroport de Stephenville, croit toutefois John Gradek, chargé de cours au programme de gestion de l'aviation de l'Université McGill. Je pense que ce ne sera pas difficile pour Stephenville de regagner la désignation de Transports Canada.

Ancien cadre chez Air Canada, John Gradek est chargé de cours à l'Université McGill, à Montréal. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Frédéric Deschênes
Il y a des réparations de l’édifice, il y a des réparations sur l’aile de trafic, même sur les pistes, précise-t-il, au micro du Réveil Nouvelle-Écosse/Terre-Neuve, en estimant les réparations à au moins 1 million $.
Je croise les doigts, affirme Tony Young, un consultant en transport aérien qui a travaillé dans le secteur de l’aviation commerciale pendant 35 ans.
Nous savons que ce groupe [BTG Capital] est légitime. Ça, déjà, ça fait une grosse différence, croit celui qui suit les montagnes russes de l’aéroport de Stephenville depuis des années.
Basé à Kippens, une municipalité avoisinante à l’ouest de Stephenville, Tony Young souligne néanmoins que BTG Capital n’a pas encore indiqué si elle souhaite faire revenir les vols commerciaux ou si elle va plutôt viser le transport médical ou le secteur militaire.
Ça va être intéressant à suivre, soutient-il.
BTG Capital n’a pas répondu à une demande d’entrevue.


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