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Adrien Cachot de retour dans «Top Chef» : «Juré dans l’émission, je commence à y prendre goût»

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ENTRETIEN - Le cuisinier, finaliste de la saison 11 du concours culinaire de M6, revient dans l’émission pour lancer un nouveau défi aux candidats.

Adrien Cachot  avait conquis le cœur du public lors de la saison 11 de «Top Chef» . D’abord par son talent et son goût de l’audace mais aussi par son caractère entier et attachant. Finaliste de cette édition, il a ensuite tracé un parcours sans faute en ouvrant son propre restaurant en décembre 2023 baptisé Vaisseau.

À peine plus d’un an après, son établissement était auréolé par une étoile au guide Michelin. Il y propose une cuisine percutante, déroutante (avec des abats, sa spécialité) mais aussi formidablement gourmande offrant un voyage culinaire rare à ses clients.

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Ce mercredi 22 avril, le talentueux cuisinier revient dans le concours culinaire de M6 pour lancer un défi aux candidats de cette 16e saison : réaliser une association improbable entre deux produits. Le chou-fleur avec le chocolat ou la myrtille, en salé ou sucré. Il s’est lui-même prêté à l’exercice en proposant un plat mêlant la banane et le chou-fleur. Il revient sur sa place de juré dans l’émission et dresse le bilan depuis sa sortie du concours, il y a près de sept ans.

TV MAGAZINE - Vous proposez aux candidats une épreuve sur les associations improbables, pourquoi ce choix ?
Adrien CACHOT - Ce qui me plaît, c’est toujours réussir à faire un joli plat avec des produits pas forcément attendus ou simples à cuisiner. Donc, je trouve qu’il y a toujours une forme de beauté dans l’inconfort.

Qu’attendiez-vous des candidats avec ce défi ? 
De bien manger d’abord. Et puis, j’attends toujours qu’ils passent un bon moment et que ça se ressente dans l’assiette. Je pense que de passer un bon moment avec une jolie épreuve, c’est quand même l’essence du jeu : de prendre du plaisir et d’en donner un maximum.

Être surpris aussi ? 
Oui, bien sûr. C’est toujours sympa d’être surpris. On est dans un métier de partage. Donc c’est intéressant de voir des visions différentes, de cuisiniers différents.

Vous vous êtes prêté au jeu en créant un plat avec de la banane et du chou-fleur. Est-ce une épreuve difficile pour les participants ? 
En vérité, j’aurais aimé que ce soit un peu plus complexe en rajoutant, par exemple, des produits marins un peu compliqués à associer, comme l’anchois ou l’oursin. Globalement, je trouve que c’est un joli sujet plutôt drôle.

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Est-ce que ce défi vous a rappelé celui que vous aviez relevé face au chef Alexandre Mazzia en créant un plat salé à base de chocolat ?
J’avais adoré et j’avais passé un super moment. En tant que jeune cuisinier, j’ai soif d’essayer plein de choses. Donc c’est vrai que j’ai un très bon souvenir de l’épreuve avec Alexandre Mazzia, qui est un chef que j’admire aussi. Je recherche toujours un peu cette émotion, ce plaisir, et j’espère que les candidats l’ont vécu comme ça aussi.

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Avez-vous eu une émotion particulière en voyant les candidats servir le plat alors que vous étiez à leur place il y a sept ans ? 
Oui, je ressens toujours de l’émotion. Après, je suis un jeune chef, donc j’y vais avec beaucoup d’humilité. J’essaie d’être le plus constructif et le plus objectif possible aussi sur la dégustation.

Vous êtes régulièrement invité dans l’émission. Est-ce que ça fait bizarre d’être de l’autre côté ?
Je commence à y prendre goût car c’est ma quatrième participation. C’est génial d’être de l’autre côté car c’est encore un autre métier. Je trouve cela passionnant de goûter parce que ça fait vraiment partie de notre métier aussi, raconter les émotions, ce qu’on ressent, les goûts. Donc c’est hyper intéressant.

Vous avez jugé les plats avec les cinq jurés de l’émission et vous avez eu du mal à tous vous mettre d’accord…
Nous n’étions pas d’accord parce qu’il y avait un plat intellectuellement bien réfléchi mais pas exécuté de la meilleure des manières. On a tous un goût différent. Souvent, pour moi, l’idée dépasse le plat parce que je suis curieux et que j’aime bien réfléchir. Je suis un cuisinier un peu cérébral même si je suis simple aussi donc, parfois, je vais plutôt aller vers l’idée que vers l’assiette. J’aime quand on essaie de transmettre une idée. Après, «Top Chef» est un concours, donc il y a toujours cette question : est-ce qu’on choisit la sécurité et l’exécution ou la prise de risque et l’audace. Moi, je suis plutôt dans le second choix peut-être parce que j’aurais aimé être jugé de cette façon-là aussi. Est-ce que je suis objectif ? Je ne sais pas.

Pourriez-vous accepter d’être juré à plein temps ? 
Il y a déjà de très beaux jurés que j’aime beaucoup. Si un jour je devenais juré, je pense que ça serait plus pour accompagner des jeunes vers leur soif de découverte. Mais bon, pour l’instant, je suis bien dans mon restaurant et il faut que je continue à travailler.

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Cette année, les chefs ne coachent plus les candidats mais jugent seulement leurs plats. Que pensez-vous de ce changement ? 
Je suis un partisan du partage et de la connaissance des chefs. Donc, ça me parle différemment. C’est bien aussi, mais c’est vrai que j’aime bien lorsqu’on peut être nourri par des grands chefs comme eux, intellectuellement et techniquement aussi.

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Quel lien vous avez gardé avec les jurés et notamment Paul Pairet, votre chef de brigade ? 
Paul Pairet est l’une de mes plus belles rencontres et j’ai gardé un très bon contact avec lui. Je suis parti même parti à Shanghai pour le dernier repas de son restaurant l’Ultraviolet avant sa fermeture. C’était tout simplement inoubliable. Ça renforce encore nos liens. J’aimais déjà beaucoup l’homme et j’aime énormément le chef aussi. Philippe Etchebest aussi a toujours été de très bon conseil. C’est quelqu’un qui fait une carrière extraordinaire. Je garde de très bons rapports avec tout le monde et je les aime tous. Ce sont des personnages humainement très sympa et de très grands professionnels.

Quels souvenirs vous gardez du concours après toutes ces années ? 
Tous les matins, quand je viens au restaurant, je me dis que c’est un peu grâce à ça. Je ne suis pas forcément dans la nostalgie mais je me dis que ça a réussi à me faire avancer. Ça a été une superbe expérience pour moi et ça m’a permis d’accomplir pas mal de mes rêves.

Vous avez votre propre restaurant, Vaisseau, auréolé d’une étoile depuis un an. Que représente ce macaron pour vous ?
J’ai été formé par Nicolas Magie, qui avait une étoile à Cenon, en banlieue bordelaise. Quand vous êtes formé par un chef qui est autant passionné, qui dédie sa vie à ça, cela fait partie de votre formation ou votre déformation, je ne sais pas. Ce n’était pas forcément la quête absolue, mais ça reste la plus belle récompense aujourd’hui dans le milieu de la restauration et c’est un honneur de faire partie de cette grande famille.

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Est-ce une pression ?
La pression, ce n’est pas trop mon truc. Non, ce n’est que du bonus et du bonheur. C’est comme avoir la chance de venir juger une épreuve de « Top Chef », c’est pareil, c’est du bonus et du bonheur. Il faut savoir apprécier ce genre de moment, cette chance. J’essaye de travailler le plus sincèrement possible, le mieux possible avec mes équipes, pour que tout le monde soit content et d’avancer dans ma carrière sainement aussi.

Dans votre menu, on retrouve l’utilisation du flambadou que vous aviez utilisé dans «Top Chef» mais aussi votre dessert de finale avec le verre écrasé dans la forêt, était-ce important pour vous de garder ces marqueurs ? 
C’est une sorte de clin d’œil pour tous les gens qui, après sept ans, viennent au restaurant parce qu’on a passé un petit moment ensemble pendant le confinement. C’est une façon de leur dire merci. Certains me demandent si je n’en ai pas marre de servir cela mais je n’ai pas eu de restaurant pendant quatre ans donc j’ai appris à être patient, respectueux du métier et aussi du client. C’est une chose dont on ne se rend pas forcément compte quand on travaille depuis toujours : la chance d’avoir des clients, une interaction, un restaurant. J’en suis conscient et si je peux faire plaisir aux gens, je le fais car on fait ce métier avant tout pour cela. Et puis, on propose d’autres desserts, on ne s’endort pas, on veut quand même aussi être vivants, rester en mouvement et tenir ce côté créatif.

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