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Abus sexuels : les Frères maristes verseront 25 M$ aux plaignants

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Les plaignants d’agressions sexuelles par des membres de la congrégation religieuse des Frères maristes pourront être indemnisés. Les deux parties ont conclu, quelques jours seulement avant le déclenchement d’un procès, une entente à l’amiable pour un montant forfaitaire d’environ 25 millions de dollars.

Pour l’un des avocats de la partie demanderesse, Me Robert Kugler, cela permettra à ces demandeurs d'avoir une forme d'accès à la justice [qu']elles méritent depuis très longtemps.

Pour le moment, l’action collective comprend plus d’une centaine de personnes. L’avocat rappelle toutefois que le processus est toujours actif et que quiconque dit avoir été agressé par un membre des Frères maristes peut communiquer anonymement avec son cabinet.

À une certaine époque, les Frères maristes étaient présents dans des dizaines d’écoles et d’organismes de loisir de plusieurs diocèses, notamment ceux de Québec, de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, de Chicoutimi, de Rimouski et de Gaspé.

L'avocat Robert Kugler représente des victimes alléguées d'agressions sexuelles commises par des religieux de l'ordre des Servites.

L'avocat Robert Kugler. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada

On a des victimes de Québec, de Montréal, dans le Nord-du-Québec, de Chicoutimi, n'importe où il y avait des écoles, des camps, des maisons. Le groupe comprend toutes les victimes qui ont été abusées sexuellement par un frère mariste au Québec.

Des audiences auront lieu le 25 mai pour faire approuver l’entente conclue entre les deux parties. Après cette étape, on devrait connaître la date limite pour se joindre à l’action collective. Les montants accordés aux plaignants seront déterminés selon le préjudice subi ou la gravité des séquelles.

Soulagement pour les demandeurs

B., qui agit comme demandeur principal de l’action collective, est soulagé et ému des possibles conclusions, selon son avocat, Me Robert Kugler, qui le qualifie même de héros. Celui qui aurait pu intenter des poursuites individuelles a choisi de se tourner vers l’action collective.

Monsieur B. était impliqué dans les négociations, il devait témoigner demain [mardi], il était prêt, mais ce n’est pas facile. Le demandeur B. allègue avoir été agressé sexuellement de l'âge de  8 à 14 ans, entre les années 1960 et 1970, par le frère Athanase Fortin alors qu'il résidait dans la région de Charlevoix.

Au total, ce sont 24 plaignants qui devaient être entendus dans un procès qui devait s'échelonner sur près de deux mois. Parmi eux, un demandeur de 89 ans était prêt à raconter son histoire.

On a des victimes de 89 ans, 70 ans, 60 ans, 50 ans, 40 ans même, confirme l’avocat qui, par le fait même, encourage toutes les victimes qui souffrent en silence depuis des décennies à le contacter.

Nos demandes de commentaire auprès des avocats représentant les Frères maristes sont demeurées sans réponse lundi.

Un effet d’entraînement?

Le président du Centre de ressources et d'intervention pour hommes abusés sexuellement et leur entourage (CRIPHASE), Sébastien Richard, se réjouit de l’accord intervenu avec les Frères maristes. C'est une très bonne nouvelle et je suis content pour ces gens-là.

Œuvrant dans le milieu depuis plus de 15 ans, il a lui-même fait partie d’une action collective intentée contre des religieux de la congrégation de Sainte-Croix.

Un homme, casque d'écoute sur la tête, regarde attentivement dans la direction de l'animateur alors qu'il est assis dans un studio de radio.

Sébastien Richard est président du Centre de ressources et d'intervention pour hommes abusés sexuellement et leur entourage. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Marie-Eve Cloutier

Il y a beaucoup de victimes qui se disent "moi, je ne vais pas m'inscrire parce que je n’ai pas le goût d'avoir de l'argent pour ça", comme s'ils trouvent qu'il y a un problème moral à l'idée de recevoir un dédommagement monétaire en cette matière.

Il invite ces personnes à s’inscrire pour démontrer l'étendue des préjudices qui auraient été commis par certains groupes religieux. Prenez l'argent et donnez-le aux organismes qui aident les victimes d'agressions sexuelles, ajoute-t-il.

Avec des informations de Marika Wheeler

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