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Le chasseur de mines Primula est prépositionné en Méditerranée pour une éventuelle intervention dans le détroit d'Ormuz. Un déploiement dans la région du tout nouveau navire de lutte anti-mines, l'Oostende, est-il envisageable ?
Pour le moment, non, parce que le navire n'est pas prêt. Il est toujours dans une période de développement. Le navire lui-même est prêt à naviguer, mais il y a encore quelques éléments techniques à régler. Il faut notamment que le système d'armes soit bien entraîné. Par système d'armes, on entend les systèmes de défense, mais aussi l'ensemble des systèmes utiles au déminage, à savoir des drones aériens, des drones sous-marins et de surface pour détecter, identifier et neutraliser les mines. L'Oostende devrait être opérationnel en mars 2027.
Dernièrement, il y a eu deux incidents sur l'Oostende et un sur son "jumeau", le Vlissingen, fourni aux Pays-Bas. Est-ce inquiétant ?
On a identifié les causes et elles ont été réglées – il était notamment question d'un senseur mal positionné. Ce sont les maladies de jeunesse d'un nouveau programme. Et c'est logique. On franchit une étape technologique. Dans le passé, on avait le dragueur de mines qui passait sur la mine et la faisait exploser. Puis, le chasseur de mines, qui fait exploser la mine devant lui. C'est déjà plus sûr. Et maintenant, on a le navire de lutte anti-mines qui reste en dehors du champ de mines et envoie des drones pour déminer. Pour le moment, il n'y a que l'équipage qui connaisse le navire. Cette connaissance doit être élargie. On essaie d'envoyer le navire un maximum en mer pour parvenir à terme à utiliser son plein potentiel.
On veut une frégate moderne, capable de se moderniser parce que les menaces évoluent. On va avoir un beau produit, mais il n'est pas encore là ce beau produit.
La Belgique a pris en charge le développement des nouveaux navires anti-mines pour les marines belge et néerlandaise. Les Pays-Bas se sont occupés des futures frégates. Mais ce dossier-là rencontre de grosses difficultés : surcoûts, problèmes de développement, dépassement des délais…
Les surcoûts finaux ne sont pas encore chiffrés. Concernant les délais, le premier planning prévoyait la livraison des nouvelles frégates entre 2024 à 2029. Le deuxième planning : 2030-2031. Maintenant, on parle de 2033-2034. Tous les projets de nouvelles frégates ont des difficultés, que ce soit pour les Américains, les Allemands, les Anglais… La frégate du futur sera accompagnée de drones et ce programme est encore en cours de développement.
La frégate est la plus petite plateforme qui peut être employée dans le spectre global des opérations. Un chasseur de mines, c'est une niche d'opérations. Une frégate peut pratiquement tout faire. Au niveau politique, c'est un instrument très important. On pourrait acheter une frégate d'ancienne génération, mais elle serait obsolète dans cinq ou dix ans car pas adaptée aux futures menaces. On veut une frégate moderne, capable de se défendre contre les nouveaux missiles, contre les nouveaux sous-marins, de travailler avec des drones, avec des données… Une frégate a une durée de vie de quarante ans. Elle doit pouvoir se moderniser parce que les menaces évoluent. On va avoir un beau produit, mais il n'est pas encore là ce beau produit.
La facture des futures frégates de la Marine belge explose de 800 millions d'eurosQuelle est la conséquence de ce retard pour la Marine belge, alors que ses deux frégates actuelles seront mises hors service d'ici à 2031 ?
On risque de se retrouver avec un trou capacitaire : à un moment, on n'aura plus de frégate. D'ailleurs, c'est le cas pour le moment. On n'a pas de frégate disponible. Il y en a une, le Louise-Marie, qui est à l'entretien, et l'autre, le Léopold Ier, qui est en panne aux États-Unis. Ce n'est pas une panne de système d'armes, c'est une panne d'un vieux moteur. On va peut-être pouvoir le réparer, mais pas avec une réparation de fortune, il faut une vraie réparation pour assurer la sécurité de l'équipage. Si on envoie le navire dans l'océan Indien, il doit être en pleine possession de ses moyens. Il est prévu que le Léopold Ier soit déployé en mer Rouge en octobre ou novembre. Mais il y a encore des conditions à remplir : qu'on ait l'accord du Conseil des ministres et que la frégate soit parfaitement en ordre…
La frégate Louise-Marie de retour de "l'une des plus dangereuses missions de la Marine belge"Quelles solutions s'offrent à la Marine pour éviter ce trou capacitaire ?
On a parlé d'une location ou acheter-revendre en attendant que les nouvelles frégates arrivent, de telle sorte qu'on ait toujours ces moyens à disposition du gouvernement pour protéger nos navires marchands, protéger nos intérêts. On va regarder toutes les possibilités sans tabou avec les Néerlandais.
"La flotte fantôme russe, c'est plus de mille navires qui se comportent comme des trafiquants"Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.


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