Depuis les scènes de pillages qui ont suivi les manifestations de ce 17 octobre, une question se pose: alors que le premier tour de l’élection présidentielle a lieu dans moins de six mois, quel sera l’impact de ce climat de forte tension en France sur le scrutin et les comportements dans l'isoloir? «Les événements ont normalement dû renforcer une demande d’ordre, qui existe du centre gauche à l’extrême droite. Ce camp est très en demande de fermeté et considère comme absolument intolérables les scènes de pillages, les violences, les voitures qui brûlent, puissamment relayées par les chaînes d’information en continu», juge auprès du Temps Jean-Yves Dormagen, président de l’institut de sondage Cluster17, qui précise que cette demande d’ordre est majoritaire dans le pays. Pour lui, «tout cela crée un climat potentiellement favorable à Marine Le Pen».
La candidate du RN s’est, dès dimanche, mise en scène comme celle qui peut rétablir l’ordre. Pour une vidéo de 8 minutes relayée sur ses réseaux sociaux, Marine Le Pen est apparue attablée à son bureau, dans un cadre qui se veut proche de celui de l’allocution présidentielle. «Les revendications sociales légitimes ont une nouvelle fois été prises en otage par l’extrême gauche et les discours des députés de Jean-Luc Mélenchon qui, en légitimant la violence, en considérant l’ordre comme une oppression et le désordre comme un droit, cherchent à précipiter le pays dans le chaos», a assuré la cheffe de file du parti d’extrême droite, comme pour mieux se différencier de son concurrent de gauche radicale. Idem pour Jordan Bardella, qui a tenu une conférence de presse ce lundi. Sur son pupitre, un slogan: «Face au chaos, la France en ordre». Cette situation est «plutôt bonne pour ceux qui incarnent le parti de l’ordre, soit la position qu’a prise le Rassemblement National», estime le sondeur précité.


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