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À Nantes, le constructeur du futur CRA ciblé par Extinction Rebellion et Les Soulèvements de la Terre

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Les Soulèvements de la Terre et Extinction Rebellion ont mené leur action dimanche 19 avril, à Saint-Herblain.

Les Soulèvements de la Terre et Extinction Rebellion ont mené leur action dimanche 19 avril, à Saint-Herblain. Thomas Louapre

Les opposants au projet ont recouvert de peinture la façade de l’entreprise de construction qui a remporté le marché public. Le débat autour de ce centre de rétention administrative prend une tournure politique. L’entreprise Léon Grosse a déposé plainte.

Il n’est pas encore sorti de terre. Mais suscite déjà des oppositions féroces. À Nantes, le futur centre de rétention administrativeattendu de la police, est régulièrement au cœur de la controverse. Cela fait plus de 15 ans que la cité des Ducs est dépourvue d’une structure de la sorte, destinée à maintenir dans un lieu fermé des étrangers faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Depuis l’annonce de sa construction en 2022, les opposants au projet ne perdent pas une occasion de faire part de leur indignation.

Dimanche, journée de mobilisation nationale contre les CRA, les antennes nantaises d’Extinction Rebellion, connu pour ses actions de désobéissance civile, et des Soulèvements de la Terre s’en sont ainsi pris au maître d’œuvre récemment désigné. Ils se sont rendus devant les locaux de l’entreprise Léon Grosse, basée à Saint-Herblain, aux portes de Nantes. Là, ils ont déversé de la peinture rouge et déployé une banderole mentionnant un «business crade».

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Plainte

«Notre agence de Saint-Herblain a été la cible ce week-end d’un acte de vandalisme qui a fait l’objet d’une plainte de notre part», a confirmé mercredi au Figaro le service presse de l’entreprise, qui intervient sur le CRA dans le cadre de son activité de construction de bâtiments publics. Le groupe a été désigné attributaire du marché après une procédure d’appel d’offres conduite par les services de l’État.

«Nous demandons à Léon Grosse de se retirer du projet de CRA», ont réclamé lundi Extinction Rebellion et les Soulèvements de la Terre, dans un communiqué de presse revendiquant une action ciblée contre une entreprise qui assure la maîtrise d’œuvre du projet. Ces militants jugent les CRA comme des lieux «racistes»«les conditions d’enfermement portent largement atteinte à la dignité humaine». «Nous tenons à rappeler au groupe Léon Grosse qu’à Nantes, une résistance de plus en plus forte et structurée s’oppose à la construction du CRA, elle se poursuivra et s’intensifiera jusqu’à l’abandon du projet», ont renchéri les opposants, n’hésitant pas mettre la pression au constructeur.

Tournure politique

«Ils font leur job d’entreprise, ils ont répondu à un appel offre, ils n’ont pas à rougir d’un outil qui permet d’appliquer la loi. Subir des dégradations sur ça, cela me semble scandaleux», a réagi Foulques Chombart de Lauwe, conseiller municipal nantais LR dans l’opposition, auprès du Figaro. Soutenant l’entreprise visée, il dit attendre de voir la maire PS Johanna Rolland condamner ces dégradations. «On est toujours dans le même logiciel. Pour ne pas déplaire aux Verts et à LFI, elle laisse faire ces méthodes. Nantes, capitale de la violence, de la dégradation et de la casse», s’est-il insurgé, alors que les écologistes, alliés de Johanna Rolland, et les insoumis, avec qui la maire a scellé un accord dans l’entre-deux-tours des municipales, sont vent debout contre ce centre de rétention.

«Nous exigeons de Johanna Rolland, maire de Nantes, qui s’est récemment opposée publiquement au projet du CRA, d’allier les actes aux paroles en usant des leviers juridiques qui existent bel et bien pour l’abandon définitif du projet», ont par ailleurs ajouté dans leur communiqué Extinction Rebellion et Les Soulèvements de la Terre, évoquant notamment la construction d’un projet en zone humide.

Contactée, la ville de Nantes n’a pas répondu à nos sollicitations, alors que la situation n’est pas des plus confortables pour l’édile socialiste. Il y a trois ans et demi, le CRA avait été présenté dans un communiqué commun signé par la ville et le ministère de l’Intérieur. À l’été 2025, Johanna Rolland avait fait part de son «opposition de principe, dans le pays, aux CRA», à titre personnel. «La municipalité ne dispose d’aucun levier juridique pour s’y opposer. Néanmoins, sollicitée pour se prononcer sur l’arrêté déclarant ce projet d’intérêt général, la ville de Nantes a clairement exprimé un avis défavorable» a souligné le 10 avril la première ajointe à la ville de Nantes Mahaut Bertu, en conseil municipal. Du 1er décembre au 5 janvier, une consultation publique sur le projet avait été ouverte par la préfecture de Loire-Atlantique, en vue de la qualification de projet d’intérêt général. Ce jeudi, une nouvelle consultation en ligne débute, préalable à la délivrance de l’autorisation environnementale nécessaire à la création du CRA.

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