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Par Le Figaro avec AFP
Le 10 mai 2026 à 20h11
Le président français a aussi déclaré que la junte malienne n’a pas pris «la meilleure décision» pour le Mali en exigeant le départ de l’armée française, qui y combattait une insurrection djihadiste.
Passer la publicité Passer la publicitéL’ère du «pré carré» français en Afrique francophone est «terminée»: le dirigeant français Emmanuel Macron a justifié dimanche, à son arrivée au Kenya, d’avoir choisi ce pays anglophone pour le seul grand sommet franco-africain de sa présidence, minimisant au passage le divorce avec trois États sahéliens.
Emmanuel Macron est arrivé à Nairobi en provenance d’Égypte, au deuxième jour de sa tournée africaine, et a tout de suite rencontré son homologue kényan William Ruto, qu’il considère comme un allié clé à l’heure où la France cherche à diversifier ses relations sur le continent après des années de déboires dans ses anciennes colonies. Les deux dirigeants organiseront lundi et mardi un sommet Afrique-France, le premier dans un pays anglophone, baptisé «Africa Forward» («En avant l’Afrique») et résolument tourné vers l’économie et les investissements.
«C’est terminé cette époque»
«Moi aussi, je regarde devant. Je constate qu’on a tout changé ces 10 dernières années», a assuré Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse conjointe. «Je n’ai jamais pris l’Afrique francophone comme étant justement un pré carré», a-t-il insisté. «Depuis 2017», date de son arrivée au pouvoir, «c’est terminé cette époque», a-t-il poursuivi, affirmant ne pas vouloir «cacher» par le choix du Kenya les difficultés avec d’autres pays.
Dans trois pays sahéliens - Mali, Burkina Faso et Niger -, des putschs de 2020 à 2023 ont précipité le divorce avec la France et le départ de son armée, cristallisant les critiques contre la politique française. Les dirigeants de ces trois pays sont les grands absents du sommet de Nairobi, qui coïncide avec une montée de la pression sur la junte malienne et ses alliés russes de la part des jihadistes et des rebelles touareg.
«La junte malienne n’a pas pris la meilleure décision»
«Je voudrais clarifier le fait que les pays d’Afrique de l’Ouest seront présents» malgré ces absences, a répondu Emmanuel Macron, citant les dirigeants du Sénégal, de Côté d’Ivoire ou encore de la République démocratique du Congo. En tout, il a évoqué la présence attendue de quelque 35 chefs d’État et de gouvernement africains. Il a au passage critiqué les militaires au pouvoir à Bamako, estimant que «l’actualité montre que la junte malienne n’a pas pris la meilleure décision» en exigeant le départ de l’armée française qui combattait les djihadistes jusqu’en 2022.
Le sentiment antifrançais est aussi monté ailleurs à travers le continent, du Sénégal à Madagascar en passant par l’Algérie, où les relations restent en dents de scie malgré un nouveau début de dégel. Le partenariat avec le Kenya se veut emblématique de la «relation refondée» que Paris souhaite avoir avec l’Afrique. Le Kenya accueille aujourd’hui 140 entreprises françaises aux profils et tailles variés, contre une trentaine de grosses sociétés il y a encore 15 ans. Dimanche, l’armateur français CMA CGM a signé avec le gouvernement kényan un «accord de partenariat stratégique» pour développer des infrastructures logistiques et de transport, pour un montant de 700 millions d’euros.


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