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Ce mercredi, un stand inhabituel s'ajoute aux marchands de fruits et légumes, poissonniers et fleuristes qui composent le marché de Écaussinnes. Sur la Grand-Place du village, un chapiteau fait office de salle d'attente. Les panneaux "Test PFAS", affichés un peu partout, indiquent aux patients qu'ils sont au bon endroit. "Je trouve qu'il est important de connaître le taux de PFAS dans notre sang, explique Christian, 77 ans. J'ai la chance d'être en bonne santé et je compte bien le rester."
Une campagne mobile de dépistage PFAS a débuté ce mercredi dans plusieurs localités concernées par des taux élevés dans l'eau de distribution. Parmi elles, Écaussinnes, Chièvres ou Nandrin. En 2023, une enquête de la RTBF avait révélé la présence dans l'eau du robinet de ces "polluants éternels" – nommés ainsi à cause de leur persistance presque infinie dans l'environnement et dans l'organisme – au-delà de la norme de 100 nanogrammes par litre.
Ce Pfas "oublié" mais présent partout inquiète les scientifiquesFaire le point
Dès l'ouverture de ce centre de test mobile, à 9 heures, les premiers patients s'enregistrent à l'accueil. Après une brève explication des modalités pratiques, ils sont conduits vers un cabinet médical mobile où leur sang sera prélevé.
Parmi les Écaussinnois rencontrés ce mercredi, certains ne cachent pas leur inquiétude. "Si on propose ce test, ce n'est pas pour rien, soupçonne Serge, habitant à Écaussinnes depuis toujours. Après tout ce qu'on a appris ces dernières années, je ne fais plus confiance à la Région wallonne".
Les autorités régionales affirment pourtant que le taux de PFAS dans l'eau de distribution est en deçà de la norme de 100 nanogrammes par litre, et ce depuis 2023. "La présence de PFAS dans l'organisme n'est pas uniquement due à l'eau, ils sont partout dans notre quotidien. Aujourd'hui, tout le monde à des PFAS dans son sang, même les ours polaires", dédramatise Lara Koltar, la porte-parole de l'Agence wallonne pour une vie de qualité (Aviq).
Après s'être enregistré, les patients sont dirigés vers le centre de dépistage mobile où sont réalisées les prises de sang. ©Louis DominéArlette, elle, préfère relativiser. "C'est trop tard, je bois l'eau de mon robinet depuis toujours, mais je suis heureuse de pouvoir être informée. Je verrai avec mon médecin ce qu'il convient de faire si les résultats sont mauvais. Cela m'a beaucoup inquiété ces dernières années, j'ai des petits-enfants qui ont bu l'eau de mon robinet."
Test de rattrapage
Ce dépistage mobile n'est pas ouvert à tous, seules "les personnes de plus de 12 ans, dont le domicile, le lieu de travail, le lieu de vie ou l'école se situent dans une zone où le dépassement de la norme a été constaté dans l'eau de distribution", précise un communiqué du cabinet du ministre Coppieters (Les Engagés), à l'initiative de cette campagne de dépistage. D'autres campagnes de test avaient été menées par le passé, mais celles-ci n'avaient permis qu'à une partie des riverains concernés de se faire dépister. Cette opération mobile semble rencontrer un certain succès. "Le centre est complet pour ce mercredi, mais aussi pour les prochains jours. Selon nos calculs, nous sommes en mesure d'effectuer au moins dix de prises de sang par heure", explique Lara Koltar.
Les agriculteurs wallons répandent de plus en plus de pesticides Pfas dans leurs champs. Malgré "les risques considérables", selon les scientifiquesUne fois la prise de sang effectuée, les échantillons sont envoyés au CHU de Liège pour y être analysés. "Les riverains recevront leurs résultats environ trois mois après avoir été testés", précise l'Aviq. Pour permettre d'analyser les résultats, un guide a été transmis aux médecins généralistes de la région. "Si le taux de PFAS dans le sang est élevé, il est possible de changer certaines habitudes de vie, notamment dans son alimentation, explique Etienne Van Honacker, médecin généraliste en charge de l'organisation du dépistage et président du CPAS de Écaussinnes (Les Engagés). Certains patients doivent aussi faire l'objet d'un suivi spécifique, ceux qui ont un taux cholestérol trop élevé, par exemple."
Après Écaussinnes, ce centre de dépistage mobile fera le tour de la région. Il passera notamment par Chièvres, Ath, Soignies ou Seneffe. La campagne de test se terminera le 14 juin prochain.
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