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Les joueuses du Rouge et Or ont fait l’histoire, vendredi soir, alors que l’Université Laval a renoué pour une première fois en plus de trois décennies avec le hockey féminin.
Devant une salle comble, les Lavalloises se sont butées aux Carabins de l’Université de Montréal, championnes canadiennes en titre, à l'occasion d'un premier match inaugural depuis 1991.
On avait un gros défi devant nous, on a eu un début un peu plus difficile, mais je suis vraiment fière de comment l’équipe a joué , a analysé la gardienne Ericka Gagnon, qui a disputé trois saisons avec l’Université Bishop’s avant de débarquer à Québec.
Si leurs grandes rivales montréalaises l’ont aisément emporté par la marque de 5-1, les membres du Rouge et Or ne cachaient pas leur satisfaction, une fois la rencontre terminée.
La glace est brisée , a avoué l’unique marqueuse du Rouge et Or, Doryane Hallé, qui a disputé la dernière saison avec les Carabins.
Certaines joueuses ont d’ailleurs poussé un soupir de soulagement. Le poids de l’histoire commence à peser lourd sur les épaules de l’équipe.
« Le premier match universitaire, c'est très très stressant. Il y avait l'enjeu, c'était notre premier match de l'histoire, il y avait la foule », explique la capitaine du club, Éliane Michaud.
On avait énormément de pression sur nous , convient de son côté Éricka Gagnon.

Éliane Michaud est la première capitaine du club de hockey féminin du Rouge et Or de l'Université Laval.
Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Martin
Malgré tout, la foule, bruyante et imposante, a donné des ailes à la troupe de Pascal Dufresne.
« Chaque fois qu'on faisait un beau jeu, on les entendait alors ça nous donnait du momentum. Le bruit m'a surpris, je m'attendais pas à ça », a admis Éliane Michaud.
C'est extrêmement spécial. Ça arrive pas souvent dans notre vie qu'on va jouer devant des foules comme ça. On va toujours être reconnaissante de la foule qui était là pour nous , a ajouté Éricka Gagnon.
Paver la voie
À travers la foule, parmi les centaines de spectateurs, Pascale Courrieu et Sylvie Paré ont suivi avec émotion les premiers coups de patin de cette seconde édition du programme de hockey féminin. En 1986, elles faisaient partie de la première mouture de l’équipe.
Aujourd'hui je suis énervée comme une puce, j'ai l'impression d'avoir 20 ans à nouveau, c'est extraordinaire. On a des souvenirs impérissables, puis ça nous fait revivre tout ça , souffle, tout sourire, l’ancienne attaquante, Pascal Courrieu.
Avec elles, 22 autres anciennes porte-couleurs du Rouge et Or se sont donné rendez-vous au PEPS pour assister au début du deuxième chapitre du livre qu’elles ont commencé à écrire il y a 40 ans.
C'est comme des retrouvailles, il y a des gens qu'on n'a pas vus depuis 40 ans , s’exclame Sylvie Paré, qui occupait la position de centre.

En 1988, les joueuses du Rouge et Or ont remporté le championnat provincial contre l'Université Concordia.
Photo : Université Laval
Il y en a qui viennent de très loin, de Winnipeg, d'Ottawa, de Gaspésie, il y en a même une qui vient de Suisse pour l'occasion , poursuit Pascale Courrieu.
Ce match historique sert aussi de prétexte aux deux pionnières pour constater tout le chemin parcouru dans les dernières années.
Quand on était jeune, on rêvait de gagner notre vie avec ça, on rêvait, mais c'était pas possible , se souvient Sylvie Paré.
Elles auraient difficilement pu imaginer un tel engouement pour du hockey féminin. C'est une autre époque, on n'a pas eu le bonheur de connaître ça , mentionne Mme Courrieu.
Les estrades étaient pratiquement vides [à l’époque], c'était pas la frénésie qu'on a aujourd'hui , détaille Mme Paré.
Maintenant, quelle suite?
L’entraîneur-chef Pascal Dufresne concède que ses joueuses ont connu un match difficile, par moment.
Au début, on s’est fait dominer par une équipe plus forte , explique l’entraîneur. Il se satisfait tout de même de la progression qu’a affichée l’équipe pendant la rencontre.

Le premier entraîneur-chef de la nouvelle mouture de l'équipe de hockey féminin du Rouge et Or, Pascal Dufresne.
Photo : Radio-Canada / Flavie Sauvageau
Celui qui a piloté les Titans de Limoilou pendant 20 ans a d’ailleurs salué la performance de sa gardienne, Éricka Gagnon, qu’il qualifie de grande sœur dans cette équipe formée de plusieurs recrues.
Elle a multiplié les arrêts pour garder l'équipe dans le match , indique-t-il.
La cerbère a stoppé 45 des 50 tirs dirigés vers sa cage.
Maintenant que l’histoire a été écrite, l’équipe porte son attention sur l’Université Bishop’s, qui sera de passage à Québec la semaine prochaine.
Avec les informations de Rosalie Sinclair


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