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Entre victoires et crises économiques, l’année 2025 a été pleine de rebondissements dans l’ensemble du Canada. Le Nord de l’Ontario n’a pas fait exception. Cette partie de l’Ontario a recensé beaucoup de victoires, mais aussi de nombreuses crises qui ont fragilisé plusieurs secteurs sur les plans économique et politique.
L’année a commencé par beaucoup d’incertitude alors que le président américain Donald Trump prêtait serment en janvier.
Quelques jours après son entrée en fonction, M. Trump a déclenché la guerre commerciale avec de nombreux pays, y compris le Canada, en annonçant des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium.

L’industrie sidérurgique canadienne réclame une politique officielle d’achat d’acier canadien.
Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
À Sault-Sainte-Marie, dont le plus gros employeur est l’aciérie Algoma Steel, la nouvelle a soulevé une vague d’angoisse chez de nombreux travailleurs et résidents, qui craignaient pour l’avenir de l’aciérie, mais aussi pour celui de leur ville.
Une dizaine de mois plus tard, l’acier canadien demeure la cible de tarifs douaniers de 50 % sur toutes ses exportations vers les États-Unis.

Les résidents de la ville de Sault-Sainte-Marie se disaient inquiets pour l’avenir de leur municipalité. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault
Algoma Steel, qui prévoyait depuis 2022 entamer une transition vers l’utilisation de fourneaux à arc électrique, a dû précipiter ses actions, et projette de licencier 1000 travailleurs en mars 2026.
La ministre Mélanie Joly a indiqué avoir conclu une entente de principe avec l’aciérie pour qu’elle réembauche la moitié des travailleurs qui seront affectés.

De nombreuses communautés du Nord de l’Ontario dépendent du bois d’œuvre. (Photo d’archives)
Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward
Le gouvernement américain a également secoué l’industrie forestière, où le bois d’œuvre fait désormais face à des tarifs douaniers américains cumulés de 45 %.
De nombreuses scieries dans la région et partout au pays ont fermé, certaines de façon permanente, comme la scierie du canton de Ear Falls, et d’autres temporairement, notamment les scieries Domtar à Ignace et à Atikokan.
Des communautés solidaires pour sauver leur économie

Une grande foule s’est réunie pour soutenir les travailleurs de l’usine Kap Paper. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Les résidents et élus de la ville de Kapuskasing ainsi que des communautés environnantes ont eux aussi connu l’émoi cette année quand l’usine de pâtes et papiers Kap Paper a annoncé sa fermeture progressive.
L’administration indiquait ne pas disposer des ressources nécessaires pour poursuivre ses activités.
Quelques jours plus tard, plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant l’usine pour revendiquer le soutien des gouvernements provincial et fédéral, afin d’éviter de perdre le pilier de l’économie de la région.

Des jeunes de la région ont participé au rassemblement pour sauver l’usine Kap Paper. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
L’usine a finalement pu éviter la fermeture, grâce à du financement de près de 29 millions de dollars de la part d’Ottawa et de l’Ontario.
Kap Paper ne produira plus de papier, mais se penchera davantage sur la mise en oeuvre d’une chaîne d’approvisionnement de panneaux de fibres à densité moyenne.
Les défis budgétaires d’une municipalité

La municipalité de Fauquier-Strickland a des défis budgétaires. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
La municipalité de Fauquier-Strickland a elle aussi fait face à des défis, alors que ses élus avaient voté en juin dernier pour l’adoption d’une motion prévoyant la suspension des activités municipales ainsi que la mise à pied de tous les employés municipaux.
Dans une lettre adressée au ministre des Affaires municipales et du Logement, la mairesse du canton affirmait avoir accumulé un déficit budgétaire de 2,5 millions de dollars au cours de la dernière décennie, vidant tous les fonds de réserve et d'urgence.

Un document présenté lors de la réunion municipale du 14 juillet illustre la croissance de la dette depuis 2011. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Une enquête de Radio-Canada a plus tard révélé que le canton d’environ 500 habitants était deux fois plus endetté que prévu.
Inquiets et en colère, des résidents ont exigé la démission de la mairesse Madeleine Tremblay.

Une grande partie du village réclame sa démission, mais Madeleine Tremblay souhaite aller jusqu’au bout de son mandat, affirmant qu’elle s’est engagée pour quatre ans en se présentant. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot
Après de nombreux appels à l’aide, le gouvernement de l’Ontario a finalement accordé un prêt de 900 000 dollars à Fauquier-Strickland, à quelques conditions.
La municipalité a également augmenté la taxe foncière de 20 %.
Une francophonie rayonnante

Le drapeau franco-ontarien a soufflé ses 50 bougies en 2025. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault
Si l’économie locale a été secouée, la francophonie, elle, a rayonné dans la région.
L’année 2025 marquait le 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien.
La journée a été célébrée aux quatre coins de la province, plus particulièrement dans la ville du Grand Sudbury, où le drapeau vert et blanc a été imaginé, conçu et hissé pour la toute première fois.

Des élèves des écoles francophones de Sudbury et des environs ont participé au tintamarre organisé à l’occasion du 50e anniversaire du drapeau franco-ontarien. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau
Sur place, des défenseurs de la langue française et des droits des francophones en Ontario ont reconnu l’histoire du drapeau et l’importance de s’exprimer en français en milieu minoritaire.
2025 aura également été une année riche en émotions pour l’administration de l’Université de Sudbury, qui a enfin reçu du financement provincial pour relancer les cours en français.

Serge Miville, le recteur de l’Université de Sudbury, a qualifié le financement de l’établissement de « moment magique dans l’histoire de l’institution ».
Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau
Les responsables de l’établissement ont également collaboré avec l’Université d’Ottawa, ce qui leur a permis d’accueillir leur première cohorte d’étudiants, quatre ans après que l’université est devenue un établissement unilingue francophone et laïque.
Depuis, les cours se tiennent sans encombre.


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