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Dérivée de Yellowstone et 1883, cette série transcende le mythe fondateur américain à travers une famille de cow-boys. Après Paramount+, elle arrive sur TF1 Séries Films et la plateforme TF1+.
À chaque plateforme ses créateurs stars. Ryan Murphy et Shonda Rhimes collaborent avec Netflix, entre autres. Jon Favreau s’est associé à Disney+. Taylor Sheridan, moins célèbre en 2022, lors du lancement de cette série, qu’aujourd’hui, mais tellement efficace, est sous contrat avec Paramount+ jusqu’en 2028. Il a été annoncé qu’il signera alors un accord avec NBCUniversal.
Après Yellowstone , à laquelle il avait déjà donné une étonnante petite sœur baptisée 1883, celui qui se présente comme « un rural éduqué à Harvard » livrait 1923, second préquel à sa saga. « La fortune de mes héros, les Dutton, ne s’est pas faite en un jour, mais en parallèle à la construction des États-Unis. Il allait de soi qu’il faille un jour revenir sur ses origines. », dira-t-il.
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Prolifique Taylor Sheridan
Yellowstone, dont l’action se passe aujourd’hui, relate en cinq saisons le combat mené par John Dutton (Kevin Costner) et ses enfants pour garder la main sur le plus grand ranch des États-Unis. Minisérie en dix épisodes, 1883 raconte le voyage épique entrepris par ses arrière-grands-parents vers le Montana, terre promise de milliers de familles d’immigrés venus d’Europe pour fuir leur très grande pauvreté. 1923 se penche, elle, sur l’installation de la génération suivante, celle des grands-parents, dans des espaces qui leur sont d’emblée contestés.
Dans cette saga familiale aux forts accents de western - deux saisons de 8 et 7 épisodes -, la sécheresse détruit les récoltes, la grippe espagnole tue, la prohibition génère de dangereux trafics, certains Indiens sont frondeurs, la crise de 1929 approche, les bébés naissent et meurent, les paysages sont sublimes, la poussière des charrettes imprègne les poumons et les jeunes filles trop éduquées commencent de vouloir s’émanciper.
Un terreau fertile pour une comédie dramatique qui s’annonçait somptueuse, a n’a pas démérité. Les 15 épisodes, réunissant Helen Mirren et Harrison Ford dans les rôles de Cara et Jacob Dutton, rien de moins, sont spectaculaires, à l’aune des grandes productions hollywoodiennes des années 1950.
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Un western aux accents de drame shakespearien
Sheridan n’est pas seulement auteur. Il a aussi étudié l’histoire, la littérature, le théâtre, les sciences politiques, le cinéma et trouve, comme tant d’autres, dans le répertoire élisabéthain, matière à nourrir ses récits. Et, s’il ne réalise pas lui-même l’entièreté de ses séries, les confiant toutes à Ben Richardson, chaque plan renferme la somme de ses connaissances, des tragédies de Shakespeare aux westerns de John Ford en passant par la grande histoire de son pays.
C’est rare. D’autant plus rare que la trame qu’il construit est brillante. Chez les Dutton, on s’aime, on se hait, on se trahit. On fuit aussi pour mieux revenir et s’enraciner à jamais. Chacune de ces séries peut être vue indépendamment des autres. Mais elles composent un triptyque aussi captivant qu’édifiant.


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