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Un père accusé d’avoir frappé ses deux enfants à coups de tisonnier a reconnu sa culpabilité au palais de justice de Québec. Il a été condamné à 15 ans de prison.
L’homme de 33 ans a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de voies de fait graves. En octobre 2023, il a attaqué ses deux enfants de moins de 3 ans avec un tisonnier de métal. Les gestes se sont produits dans une résidence de Saint-Ferréol-les-Neiges.
Il a été condamné à purger sept ans et demi de prison pour chacune des deux agressions. Comme il est détenu depuis les faits, il lui reste un total d’un peu plus de 12 ans de détention à purger.
Selon la procureure aux poursuites criminelles et pénales (DPCP), Me Andréanne Sirois, la peine doit refléter les gestes d’une gravité sans nom et l’abus de confiance sur des enfants vulnérables.
L’avocat de l’accusé a reconnu la gravité des gestes de son client.
Ce que monsieur a fait, c’est odieux, c’est monstrueux. Monsieur l’admet. Il ne peut pas effacer ce qu’il a fait, a déclaré Me Benoit Labrecque devant le tribunal.
Avertissement :
Ce texte contient des détails qui pourraient choquer certains lecteurs.
Graves blessures
La gravité des blessures des deux enfants démontre la violence de l’agression qu’ils ont subie. La poursuite en a dressé la longue liste en présentant l’exposé conjoint des faits devant le tribunal.
Fractures du crâne, doigts cassés, hémorragies cérébrales, ongles arrachés : les blessures auraient pu être fatales. La poursuite a précisé que l’agression a eu lieu dans la résidence du grand-père paternel, qui devait superviser les visites entre son fils et ses petits-enfants.
La séparation des parents avait eu lieu l’année précédente. Depuis, le père avait connu des épisodes de troubles de santé mentale et des conditions de garde lui avaient été imposées. Il ne pouvait pas se trouver seul en présence de ses enfants.
Ce n’est plus mon papa
Dans un témoignage bouleversant, la mère a détaillé les conséquences de l’agression sur ses enfants. Les deux petits en demeurent traumatisés et les conséquences à long terme sur leur cerveau sont encore incertaines.
Elle affirme que les enfants ont renié leur père et qu’ils craignent qu’il puisse un jour sortir de prison.
La mère raconte qu’un des deux aurait affirmé : Moi, je ne veux plus jamais voir [l’accusé]. Ce n’est plus mon papa.
Malgré leur jeune âge, les enfants verbalisent avoir eu peur de mourir. Les cauchemars sont fréquents. Des histoires enfantines dans lesquelles un personnage a perdu sa famille provoquent chez eux un grand bouleversement émotif qui peut durer des heures.
La mère affirme vivre elle-même avec un trouble de stress post-traumatique. Je dois gérer trois traumas, a-t-elle dit. C’est épuisant.
Le récit de la jeune mère a particulièrement touché la juge Sarah-Julie Chicoine.
Vous avez un courage, un aplomb, bravo. Je vous souhaite vraiment que ça aille pour le mieux pour la suite, lui a-t-elle dit en réprimant un sanglot.
Quant à l’accusé, il a brièvement pris la parole pour exprimer des remords.
Je m'excuse pour le crime que j'ai commis, pour tout le mal que j’ai fait à certaines personnes. Ce n’est pas quelque chose que je voulais faire. Ce n'est pas quelque chose que j’ai eu de plaisir à faire, a-t-il dit.
La magistrate a clos l’audience en déclarant que de tels gestes ne peuvent être tolérés et doivent être dénoncés.
C’est très difficile de comprendre comment quelqu’un qui se doit de protéger sa propre progéniture [...] peut poser des gestes d’une telle violence, a-t-elle laissé tomber.


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