Vivons heureux en attendant la mort, recommandait Pierre Desproges dans un livre éponyme publié en 1983. Un conseil que semblent vouloir suivre à la lettre les joueurs et supporters de Manchester City, dont l’équipe vole de victoire en victoire cette saison et alors que le club est sous la menace de très lourdes sanctions pour des faits avérés de tricherie. Le 29 septembre, une commission indépendante de la Premier League a mis fin à une procédure ouverte en 2018 à la suite des révélations du magazine allemand Der Spiegel. L’enquête a été entravée ensuite par de multiples recours juridiques, mais a fini par reconnaître le club mancunien coupable de 114 infractions aux règles financières du championnat d’Angleterre. Il risque une forte amende, des retraits de points et de titres, une rétrogradation immédiate ou future, une interdiction de participer à des compétitions.
Problème (en plus du scandale en lui-même): City continue de clamer son innocence et a fait appel le 1er octobre. Cela ne devrait que retarder un peu plus l’annonce des sanctions, qui ne tomberaient qu’au cours du premier trimestre 2027. D’ici là, l’équipe désormais entraînée par l’Italien Enzo Maresca, qui a succédé cet été à Pep Guardiola, pourrait avoir le bon goût de perdre, mais non! Elle enchaîne les victoires. La sixième (en six matchs), lors de la première journée depuis l’annonce de la condamnation, a vu les Sky Blues aller battre Liverpool sur un cinglant 3-0 ce dimanche, ce qui a suscité davantage de gêne que d’admiration.


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