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Un message sur LinkedIn et une offre d’emploi publiés le 20 décembre 2025 ont mis en lumière une ambition pour le moins audacieuse des équipes techniques de Microsoft : se débarrasser de tout le code écrit en C ou C++ pour le remplacer par du Rust. L’objectif de cette transition est notamment lié aux garanties de sécurité offertes par ce langage de programmation.
Galen Hunt travaille chez Microsoft depuis près de 30 ans. Trois décennies durant lesquelles il a sans doute connu des projets aux ambitions techniques immenses, et ça ne semble pas prêt de s’arrêter.
Sur LinkedIn, cet ingénieur informatique aguerri a partagé le 20 décembre 2025 une offre d’emploi de Microsoft, accompagnée d’un message qui dévoile une partie des objectifs de recherche du géant américain à moyen terme : « Nous développons une technologie pour rendre possible la migration d’un langage de programmation à un autre », explique‑t‑il. « Notre stratégie consiste à combiner l’intelligence artificielle et les algorithmes afin de réécrire les plus grands codebases de Microsoft. »
Pour atteindre cet objectif, le futur employé pourra s’appuyer sur une infrastructure de traitement du code déjà mise en place par les équipes de Galen Hunt.
Soutenu par la mise en place d’agents d’IA, ce nouvel outil serait déjà capable d’analyser en profondeur du code à grande échelle et vise désormais un objectif clair : remplacer chaque ligne de C et de C++ par du Rust, et ce, d’ici à 2030.

Une transition attendue
Cette ambition n’est pas nouvelle et répond à des attentes accrues en matière de cybersécurité pour Microsoft. En effet, contrairement à C et C++, Rust est un langage de programmation à gestion de la mémoire sécurisée, c’est‑à‑dire qu’il utilise une gestion automatique de la mémoire pour éviter les accès mémoire hors limites et les erreurs d’utilisation après libération.
Ces deux types d’erreurs, liées à la gestion manuelle de la mémoire caractéristique de C et C++, sont à l’origine de nombreuses cyberattaques, car elles offrent aux attaquants la possibilité de prendre le contrôle des systèmes. Rust, lui, affiche un message d’erreur à la compilation au moindre défaut dans la gestion de la mémoire.
Un avantage dont Microsoft, comme l’ensemble de l’écosystème cyber, a pleinement conscience. Ces dernières années, les institutions américaines ont régulièrement plaidé pour l’adoption généralisée de langages à gestion de la mémoire sécurisée, et notamment de Rust, afin d’améliorer la sécurité des logiciels.
Si Microsoft a déjà entrepris, depuis 2022, de faire de Rust le langage par défaut pour les nouveaux projets, il reste encore de très nombreuses lignes de code en C et C++ disséminées dans l’immense amas d’outils qui composent l’architecture Microsoft.
Microsoft à la recherche d’un ingénieur logiciel principal
S’il ne s’agit pour l’heure que d’un travail de recherche, la charge est colossale, et Galen Hunt en a bien conscience. Il dévoile d’ailleurs une feuille de route limpide pour ses futures équipes : « 1 ingénieur, 1 mois, 1 million de lignes de code ».
De quoi donner le tournis, mais la rémunération en vaut peut‑être la chandelle. Pour ce poste d’ingénieur logiciel principal, basé au siège de Redmond et non éligible au télétravail, la rémunération annuelle annoncée se situe entre 140 000 et 300 000 dollars par an, selon le profil. L’offre est, à ce jour, toujours disponible sur le site de Microsoft.
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